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1er mai: crise sociale, division et faible mobilisation

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Les syndicats ont revendiqué 160.000 manifestants à travers le territoire quand la police estime qu'ils étaient un peu moins de 100.000. Dans chaque cortège, le gouvernement a été pointé du doigt et critiqué.

La première Fête du Travail sous le gouvernement de gauche a été célébrée, sur fond de crise sociale, dans la division syndicale et avec une mobilisation plutôt modeste.

La CGT a organisé des cortèges à Paris et dans de nombreuses autres cités et la CFDT a tenu meeting à Reims pour constituer un "front réformiste". Soudés durant cinq ans sous l'ère Sarkozy, les syndicats sont aujourd'hui divisés en deux camps: l'un emmené par la radicale CGT, opposée à l'accord sur la sécurisation de l'emploi, l'autre par la CFDT qui l'a signé. FO, qui a rejeté l'accord, ne se veut dans aucun camp.

Mercredi, la CGT, la FSU et Solidaires, rejoints parfois par d'autres forces (FO, Front de gauche, Verts, LO, NPA) ont organisé 286 défilés dans tout le pays, selon la CGT, et rassemblant 97.300 manifestants selon la police, 160.000 selon la CGT.

16.000 manifestants à Paris

Partout la mobilisation menée par la CGT a pris pour cible la politique d'austérité et l'accord sur la sécurisation de l'emploi, sans grande véhémence néanmoins contre le gouvernement.

A Paris, 16.300 manifestants, selon la police, avec en tête le numéro un de la CGT, Thierry Lepaon, ont défilé entre Bastille et la place de la Nation, où ils sont arrivés sous une pluie battante.

"Le gouvernement est sensible aux arguments du Medef et nous voulons lui rappeler ses engagements: il faut avoir une politique de gauche", a-t-il souligné avant d'appeller à un nouveau rassemblement le 16 mai devant l'Assemblée nationale pour soutenir la proposition de loi communiste sur l'amnistie sociale.

"Y a-t-il vraiment des socialistes dans notre gouvernement?"

"Contre l'austérité construisons une opposition de gauche à ce gouvernement", scandaient les participants (entre 1.700 et 6.000) à Bordeaux. A Toulouse, ils étaient entre 3.000 et 5.700, à Bayonne, entre 1.330 et 1.650, à Marseille entre 3.000, et 10.000.

"Y a-t-il vraiment des socialistes dans notre gouvernement?", interrogeaient d'autres pancartes. A Rennes, entre 1.300 et 1.500 militants ont défilé tandis qu'au Havre ils étaient entre 900 et 1.500 et à Dijon 1.250, selon la CGT. Lyon a vu 4.000 personnes, selon l'intersyndicale, 2.700 selon la police, manifester contre "la casse des droits".

A Nantes, comme à Saint-Nazaire, quelque 500 militants, selon la police, ont bravé la pluie. "A mort l'austérité", lançaient des manifestants (1.400 selon la police, 2.000 selon les organisateurs) à Rouen, avec en tête les salariés de Petroplus.

Mais alors que les syndicats observaient avec appréhension le défilé traditionnel en l'honneur de Jeanne d'Arc du Front national, celui-ci n'a pas eu plus de succès. Il y avait 3.000 participants selon la police, 15.000, selon le parti de Marine Le Pen.

Ce 1er mai a donné le coup d'envoi d'une série de mobilisations politiques dirigées contre le gouvernement. Les communistes et Jean-Luc Mélenchon sonneront la charge contre l'austérité dimanche 5 mai.

Une date choisie aussi par les opposants au mariage homosexuel pour se rassembler avant leur manifestation nationale du 26 mai.