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Mal-logement: des conséquences graves sur la santé

Selon la Fondation Abbé Pierre, près de 15 millions de personnes sont touchées par le mal-logement (photo d'illustration).

Selon la Fondation Abbé Pierre, près de 15 millions de personnes sont touchées par le mal-logement (photo d'illustration). - BFMTV

Plus de 15 millions de personnes sont touchées par la crise du logement: la Fondation Abbé Pierre dresse le tableau d'une France "malade du mal-logement" et appelle jeudi dans son rapport annuel à plus de "volontarisme politique".

Hausse du nombre de personnes sans domicile, renonçant à se chauffer, ou contraintes de vivre chez des tiers: de nombreux indicateurs sont au rouge dans le rapport annuel de la Fondation Abbé Pierre, publié jeudi. Au total, 3,8 millions de personnes sont mal-logées et 12,1 millions de personnes "fragilisées", soit 15 millions de personnes touchées.

BFMTV est allé à la rencontre de Sarah, 24 ans. A deux pas du quartier d'affaires de la Défense, elle vit dans un appartement insalubre et dangereux avec son fils de 7 ans, sa mère et sa petite soeur de 22 ans, qui souffre d'arthrose et de plusieurs fractures. Au milieu du salon, un escalier sans rambarde mène à une pièce à l'étage, où dort la famille.

"Ma mère, ma soeur et mon fils sont tombés à plusieurs reprises dans cet escalier", témoigne Sarah. Assignés depuis trois ans par la mairie, les propriétaires refusent pourtant de faire des travaux et de remettre aux normes l'appartement, très mal isolé contre le froid. 

Un lien "évident" entre l'insalubrité et la santé

Comme pour elles, le lien entre les problèmes de santé et le mal-logement est un cercle infernal que constate chaque jour la Fondation Abbé Pierre: en bidonville, la mortalité néonatale est huit fois supérieure à la moyenne, et dans les logements insalubres, les problèmes respiratoires, intoxications et allergies sont monnaie courante.

Pourtant, les pouvoirs publics n'ont pas suffisamment conscience de ce lien, selon la Fondation Abbé Pierre, qui s'inquiète d'une baisse des moyens alloués au mal-logement depuis quelques mois. Un mauvais calcul selon l'association, qui cite l'exemple d'une fille de 10 ans, soignée cinq mois en chimiothérapie pour une leucémie. Faute d'avoir un logement décent, l'enfant et ses proches ont dû vivre à l'hôpital le temps du traitement. Pour la Fondation, "si l'Etat mettait les moyens pour lutter contre le mal-logement, il économiserait de façon évidente sur ses dépenses de santé."

A. G. avec G. Pelpel, D. Bouteiller et A. Alos