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Evacuation des migrants: où loger les réfugiés?

Après une nouvelle évacuation polémique d'un camp de migrants dans le 19e arrondissement de Paris, la question du logement des réfugiés se pose.

Dans la nuit de dimanche à lundi, des CRS ont démantelé un camp de migrants installé dans le 19eme arrondissement de Paris. L'intervention a été justifiée par des jets de pierre selon la police. Les réfugiés, ne sachant où aller, sont pour la plupart restés sur place. Depuis quelques jours, les opérations de police se sont multipliées au nord de Paris pour déloger des migrants qui se rassemblent dans des camps de fortune. Certains errent dans les rues et dorment sur les trottoirs.

Un camp humanitaire en suspens

Anne Hidalgo, la maire de Paris, avait annoncé l'ouverture d'un camp humanitaire lors d'une conférence de presse le 31 mai dernier. Le lieu, qui devrait être géré avec France Terre d'Asile et dont l'ouverture a été repoussée, sera accessible en septembre.

"Tant qu'il ne sera pas en place, on se trouvera dans cette situation qui est tout à fait délétère", juge sur BFMTV Bernard Jomier, adjoint à la Mairie de Paris, chargé de la santé

Pour cet élu écologiste, "les places annoncées" doivent "ouvrir le plus rapidement possible", rappelant que "plus de 10.000" réfugiés ont été mis à l'abris depuis juin 2015. Selon lui, "le calendrier annoncé par le gouvernement tarde trop à se mettre en place". Qualifiant le dispositif de "sous-dimensionné", il a remis en cause l'action des forces de l'ordre qui procèdent seulement à des "dispersions", ce qui "n'est pas satisfaisant".

Un dispositif "sous-dimensionné"

De nombreux migrants ne cessent d'arriver dans la capitale chaque jour. Il faut alors trouver des solutions permettant de les accueillir. Pour Bernard Jomier, "le dispositif" d'accueil "est sous-dimensionné". C'est pourquoi "les migrants continuent à arriver et ne trouvent pas suffisamment de solutions sur le territoire national". Pour lui, "si ça répète sans arrêt" c'est que le dispositif n'est pas à la hauteur.

Le chargé de la santé a tenu à revenir sur l'état de santé déplorable des réfugiés qui "ne vont pas très bien". Il a rappelé que des "cas de tuberculose" avaient été décelés lors d'une évacuation qui a eu lieu au mois de juin 2015. Pour pallier à cela, le centre humanitaire qui doit ouvrir offrira des "soins psychiques" et physiques.

Julie Breon avec Gaël Giordana et Juliette Chapalain