BFMTV

Des commerces et bureaux transformés en Airbnb, la mairie de Paris monte au créneau 

Des entreprises se sont spécialisées dans la transformation de locaux commerciaux en logements mis à la location sur Airbnb. Une pratique dénoncée par la mairie de Paris.

Quand des boutiques ou des bureaux deviennent des logements Airbnb. A Paris, de plus en plus de locaux commerciaux sont transformés en appartements ensuite mis à la location sur des plateformes comme Aibrnb.

Des entreprises se sont même spécialisées dans ce type d'activité et cherchent pour le compte de propriétaires des locaux commerciaux pour les convertir en meublés touristiques. L'avantage? Pouvoir louer ces logements 365 jours par an, à la différence des logements classiques, limités à 120 nuitées par an à Paris. 

"On arrive sur des rentabilités deux, trois, quatre fois supérieures. Il est évident que si on respecte toutes les règles au niveau de la législation pour faire du Airbnb 100% légal 365 jours dans l'année, c'est cent fois plus rentable que d'acheter de l'habitation", explique Kevin Cohen, cofondateur de Check My Guest, une start-up qui s'est spécialisée dans cette activité. 

Des gains importants pour les propriétaires

Avec son entreprise il travaille par exemple actuellement à la transformation d'un plateau de bureaux de 180 m2 en un logement qui accueillera 10 couchages. D'autres bureaux près des Champs-Elysées viennent aussi d'être fraîchement rénovés. Pour un logement de ce type, les propriétaires peuvent gagner jusqu'à 800 euros la nuit, lors d'événements comme la Fashion week.

Pour le cofondateur de cette entreprise, la création de ces nouveaux hébergements touristiques a l'avantage de ne pas réduire le nombre de logements à disposition des Parisiens.

"Airbnb n'est que la conséquence de ces boutiques qui sont vides. Vous vous baladez dans Paris, toutes ces boutiques sont à louer parce que les petits commerçants n'arrivent plus à payer leur loyer. Et donc le propriétaire récupère son bien et trouve une solution pour le transformer", souligne Kevin Cohen. 

Une pratique qui change "le visage de la rue"

En 2018, sur 147 nouveaux logements touristiques déclarés, 65 étaient à l'origine des locaux commerciaux. Mais cette pratique n'est pas du goût de la mairie de Paris, partie en guerre contre la plateforme

"Aujourd'hui on est confrontés à un phénomène nouveau des commerces, des locaux commerciaux, qui sont transformés en locaux Airbnb. Cela nous pose problème parce que c'est le visage de la rue qui change et ça rajoute encore du Airbnb qu'on avait déjà dans les étages supérieurs", regrette Ian Brossat, maire-adjoint en charge du Logement. 

"Aujourd'hui on n'a pas d'outils pour lutter contre ce phénomène. J'ai donc écrit au ministre du Logement pour lui demander de mettre en place des outils législatifs", ajoute-t-il. 

Ian Brossat est ce jeudi à Munich pour le sommet Eurocities, réunissant 15 grandes villes européennes. Avec Paris, ces grandes villes comptent alerter la commission européenne sur la législation en matière de location touristique. A Paris, plus globalement, Anne Hidalgo aimerait pouvoir limiter l'utilisation d'Airbnb dans la capitale, et bannir la plateforme des arrondissements centraux

Alexia Elizabeth avec Carole Blanchard