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Les policiers s'inquiètent de la fin de la gratuité des transports en Île-de-France

Actuellement tous les fonctionnaires de police d'Ile-de-France bénéficient des transports en commun gratuits.

Actuellement tous les fonctionnaires de police d'Ile-de-France bénéficient des transports en commun gratuits. - Alain Jocard - AFP

La fin du pass Navigo totalement gratuit pour les policiers d'Île-de-France vient d'être décidée. Les syndicats de police contestent la perte de cet avantage qu'ils estiment lié aux impératifs de leur mission.

Jusqu'à présent, les policiers franciliens ne payaient pas leur pass de transport, le pass Navigo. Depuis 1949, les fonctionnaires de police bénéficiaient d'une carte de transport en commun gratuite, dont le coût était pris en charge par le ministère de l'Intérieur.

En tout près de 29.000 policiers exerçant à Paris et sa proche banlieue bénéficient de cet avantage, justifié par leur obligation d'intervenir, même hors-service, lorsqu'ils constatent un incident. Les policiers qui travaillent dans les bureaux en bénéficient au même titre que les policiers en opération sur le terrain. 

Un coût estimé à 23 millions d'euros par an

Pour la Cour des comptes, ce remboursement intégral du pass Navigo est illégal. "Le remboursement des frais de transport aux fonctionnaires ne saurait excéder 50% du prix normal", indique la Cour des comptes en 2013, s'appuyant sur un décret. Ce remboursement à 50% est celui qui s'applique dans les entreprises privées. La Cour des comptes chiffre le coût des transports gratuits pour les policiers d'Île-de-France à 23 millions d'euros par an.

La direction des ressources et des compétences de la police nationale (DRCPN) a confirmé la semaine dernière la fin de la gratuité complète du pass Navigo. Elle s'orienterait toutefois sur une nouvelle formule qui permettrait aux policiers de terrains de conserver le pass gratuit et de s'aligner sur les 50% de remboursement pour les fonctionnaires qui travaillent dans les bureaux.

Une présence dissuasive dans les transports

Mais les syndicats de policiers s'opposent fermement à la disparition de leur pass gratuit. Interrogé sur Europe 1, Fabien Vanhemelryck, secrétaire national Île-de-France du syndicat Alliance, estime que la suppression de la gratuité peut poser un problème de sécurité. "L'administration pense que certains l'utilisent peu, voire pas du tout. Mais le jour où l'on doit l'utiliser, comment fait-on? Moi je ne veux pas avoir à faire la queue pour acheter mon billet afin de pouvoir secourir une personne. Parfois les minutes et les secondes sont cruciales".

Le syndicat considère également cet avantage comme un acquis financièrement indispensable. "C'est encore 35 euros en moins pour un jeune fonctionnaire qui rentre dans la police et qui en touche 1.500", plaide le syndicaliste. Les syndicats mettent aussi en avant la dissuasion que constitue la présence des policiers dans les transports en commun pour la RATP. "Même en dehors des heures de service, dans les trains de banlieue" les fonctionnaires de police "peuvent intervenir à chaque instant pour aider les contrôleurs" avance dans Le Figaro Rocco Contento, responsable de l'unité SGP Police à Paris.

C. B