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La région Île-de-France crée un programme alimentaire régional avec les agriculteurs franciliens

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- - Fred Tanneau- AFP

Ce programme vise à financer l'achat auprès des agriculteurs franciliens de produits agricoles qui seront distribués aux plus démunis.

Le conseil régional d'Île-de-France lance un "programme alimentaire régional" avec la chambre régionale d'agriculture, en finançant l'achat auprès des agriculteurs franciliens de produits agricoles qui seront distribués aux plus démunis, a annoncé mardi sa présidente Valérie Pécresse (ex-LR).

Pour Valérie Pécresse, avec la crise sanitaire, "nous voyons monter la pauvreté et la précarité dans nos territoires", ce qui "exige une réponse alimentaire urgente et solidaire", a-t-elle expliqué lors d'une visio-conférence. 

Pour renforcer les distributions alimentaires, "nous avons décidé (...) de créer un programme alimentaire régional pour venir en aide aux plus démunis. Sur la base des besoins exprimés par les associations et la banque alimentaire, la région financera l'achat de produits agricoles auprès des agriculteurs franciliens", a-t-elle expliqué.

Un achat "au prix du marché"

Cela passera notamment par l'achat "au prix du marché" de "tous les surplus et invendus de la production agricole francilienne", mais pas seulement. "On achètera aussi les denrées qui nous manqueraient." Le montant de ce plan et les volumes de production agricole concernés n'ont pas été précisés. Selon Valérie Pécresse, "on se prépare à faire durer le plan jusqu'en décembre".

"On va relever ce challenge de fournir ces paniers en produits frais", a affirmé Christophe Hillairet, président de la Chambre d'agriculture de la région Île-de-France, précisant que "pour conforter ces paniers", la chambre va "demander à chaque agriculteur de donner l'équivalent d'une tonne de blé (soit environ 170 euros)".

"Suppléer" les distributions alimentaires

Valérie Pécresse veut aussi "suppléer" les distributions alimentaires, en proposant "si les lycées ne sont par réouverts fin mai, qu'un certain nombre de cantines de lycées puissent ouvrir sur la base du volontariat pour faire de la distribution de repas".

Elle a rappelé que des distributions de colis alimentaires avaient déjà eu lieu dans plusieurs lycées franciliens (Stains, Saint-Denis, etc.).

La région va également aider les horticulteurs et pépiniéristes franciliens, très touchés par la crise sanitaire, avec d'une part "un fonds d'urgence de 1,5 million d'euros" (sous forme de subventions), et d'autre part, une commande publique de 1 million d'euros d'arbres et de végétaux qui seront plantés au siège du conseil régional à Saint-Ouen et dans les lycées franciliens. Certains maraichers ou éleveurs très fragilisés pourront aussi être éligibles au fonds d'urgence.

Des "drive" agricoles

Enfin, pour "capitaliser sur le regain d'intérêt pour l'agriculture locale", la région va augmenter les aides à l'investissement des agriculteurs pour les "circuits courts de commercialisation", comme la création de "drive" agricoles, de magasins de producteurs ou de "box" agricoles, pour un total d'un million d'euros, a expliqué la vice-présidente en charge de l'agriculture Alexandra Dublanche. 

En Occitanie, première région de France pour le bio, la Région s'est aussi mobilisée pour les plus fragiles avec l'opération d’aide alimentaire "Bien manger pour tous", lancée la semaine dernière.

Cette aide s’adresse aux familles de lycéens boursiers ainsi qu’aux "publics fragilisés" accompagnés habituellement par les associations d’aide alimentaire. La Région, dirigée par Carole Delga (PS) achète des produits frais aux producteurs locaux avant de les remettre aux associations d’aide alimentaire pour la constitution de panier.

Les bénéficiaires pourront venir les récupérer dans l’un des 300 points de collecte prévus sur l’ensemble des 13 départements, avec deux livraisons par mois assurées en mai et juin. La Région Occitanie mobilise une enveloppe de 1,2 M€ pour cette opération.

F.B. avec AFP