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Irresponsabilité d’Andy : « Pardonner non, il faudrait déjà pouvoir comprendre »

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Accusé d’avoir tué ses parents et ses deux frères en Corse en 2009, Andy a été jugé irresponsable. Sa tante cherche aujourd’hui à comprendre. « On n’a aucune réponse », regrette-t-elle.

Pour la première fois, la famille d’Andy sort de son silence. Il y a trois ans, le jeune homme de 19 ans abattait au fusil sa mère, son père, et ses deux frères, des jumeaux de 10 ans, près d’Ajaccio en Corse. L'avocate générale, avait requis une peine de 18 ans de prison, mais Andy a finalement été jugé « irresponsable pour un trouble mental ayant aboli le discernement au moment des actes » après six heures de délibération.
Le jeune homme a passé la nuit à l'hôpital psychiatrique d'Ajaccio et pourrait ensuite être transféré dans un centre psychiatrique à Avignon, à sa demande. Le jeune homme pourrait aussi y poursuivre les études scientifiques entamées en prison. Aujourd’hui, Myriam, sa tante et la sœur d’une de ses victimes, parle pour la première fois.

« Je ne sais même pas si on aura la réponse un jour »

A 48 ans, Myriam Floriani se dit déçue du verdict, et surtout sans réponse aux questions qu’elle se posait. « On voulait savoir. On est face à quoi, face à qui ? Quelqu’un qui a une maladie psychotique, un monstre, un calculateur ? Il va récidiver ? On ne sait pas, et c’est ce qu’on attendait de ce procès. Il n’a pas de maladie psychotique, ce n’est pas un fou, il n’est pas schizophrène, qu’est-ce qu’il est alors ? On n’a aucune réponse, on n’a toujours pas compris. Il y a une grosse zone d’ombre, je ne sais même pas si on aura la réponse un jour », regrette-t-elle.

« J’imagine ma sœur assise dans le lit en train de le regarder… »

Même si le jeune homme est de sa famille, et déclaré irresponsable, Myriam n’a pas pardonné pour autant. « On est partagés entre l’horreur et la haine, raconte-t-elle. On l’imagine avec son fusil, en train de charger sur mon beau-frère, ma sœur, les petits. Mettez-vous à notre place, imaginez ces deux bambins blonds, plein de vie, magnifiques, imaginez ce qu’ils ont pu vivre. Moi, j’imagine ma sœur assise dans le lit en train de le regarder et de prendre une décharge de plomb dans la poitrine. A ce niveau-là, pardonner non, il faudrait peut-être déjà pouvoir comprendre ».

M. Chaillot avec Cécile Bourgneuf