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Intempéries dans le Sud-Est: à Breil-sur-Roya, la solidarité s'organise entre les sinistrés

La boue et l'eau sont toujours présentent dans les vallées de la Roya, de la Vésubie et de la Tinée. Les villages demeurent coupés du monde, l'entraide entre les sinistrés s'organise.

Après les crues qui ont dévasté de nombreux villages de l'arrière-pays niçois, trois mots d'ordre: rechercher les disparus, ravitailler les habitants et déblayer les routes. Des maisons entières ont été réduites en miettes, l'asphalte des routes a été broyé, des ponts engloutis et de nombreux équipements détruits.

À Breil-sur-Roya, les ponts qui reliaient les deux parties du villages n'existent plus. Une vingtaine d'habitants sont coupés de tout. Alors de l'autre côté de la rive, un Breillois a mis en place une tyrolienne pour les ravitailler.

"J'ai tiré à l'arc et j'ai accroché un fil à rôti à la flêche. Mon père à récupéré le fil et il m'a raccroché à une corde", décrit Jérémy à BFMTV.

"On arrive sur la fin de conservation des aliments"

Médicaments, nourriture, eau... Tout est transmis par ce sac à dos en quelques minutes. Par ailleurs, "depuis deux jours, nous recevons de l'eau et de la nourriture qui nous permettent de tenir. Mais les besoins vont être importants et risquent de durer longtemps", indique ce mardi matin sur notre antenne Sébastien Olharan, maire de Breil-sur-Roya, "où une partie de la commune est toujours inaccessible" autrement que par voie aérienne.

Guillaume, lui, a marché plus de 2h30 de Saorge jusqu'à Breil-sur-Roya afin de récupérer des médicaments pour tout son village, complètement isolé. Chez lui aussi, les denrées se font rares.

"On arrive sur la fin de conservation des aliments vu qu'il n'y a pas de courant, donc on fait de gros repas partagés, mais une fois qu'on aura fini ça, on n'aura plus rien", rapporte-t-il.

Dans le centre du village, les secours viennent en renfort pour évacuer les murs de boue. Une entraide qui touche les propriétaires qui ont tout perdu. "Les pompiers sont là pour nous aider et heureusement, sinon on ne s'en sortirait pas. Merci à tous, ceux du village et de l'extérieur", saluent Marc et Véronique. Dans la vallée de la Roya à la frontière avec l'Italie, c'est même l'armée qui a été envoyée. 

Huit personnes portées "disparues"

"On est là pour donner un coup de main en complément des pompiers, de la sécurité civile et de tous les acteurs locaux, car on est entraîné à ce type de mission", raconte à l'AFP le lieutenant Julien, du 1er régiment étranger de génie de Laudun L'Ardoise (Gard), qui enchaîne après une mission identique lors de récentes inondations dans le Gard.

L'urgence est également au rétablissement des réseaux téléphoniques et d'électricité avec 300 agents d'Enedis sur le terrain. Grâce à l'acheminement d'une centaine de groupes électrogènes, un point d'alimentation électrique a pu être mis en place dans chaque village, sachant que 6000 foyers sont toujours privés d'électricité.

"Lundi en fin de journée, nous avons enfin récupéré notre réseau téléphonique qui nous permet de nous sentir un peu moins coupés du monde, de faire savoir nos besoins à l'extérieur, de communiquer entre nous pour organiser l'assistance", précise Sébastien Olharan, maire de Breil-sur-Roya.

Le bilan humain s'est par ailleurs dramatiquement alourdi avec deux morts retrouvés dans la vallée de la Vésubie et un troisième dans la plaine du Var, portant à quatre le nombre de victimes au total en France. Selon les pompiers, il restait encore lundi soir huit personnes portées "disparues", qui ont été vues emportées par les flots, et 13 autres "supposées disparues". 

Ambre Lepoivre Journaliste BFMTV