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"On fait pousser le diamant comme un gâteau": en Ile-de-France, des diamants fabriqués en laboratoire

En Ile-de-France, des diamants sont fabriqués en laboratoire grâce à un procédé utilisant une sorte de "micro-ondes". Des diamants "éthiques" similaires à ceux des mines et bien moins chers.

Près de Paris, des diamants "poussent" en laboratoire. Une chercheuse du CNRS a mis au point depuis plusieurs années une technologie qui permet de fabriquer des pierres de synthèses. Ces pierres ont les mêmes propriétés que celles extraites des mines de diamant. Un procédé unique en France qui recrée en laboratoire le même processus que dans la nature mais en accéléré. 

"Il y a un micro-ondes, c'est un peu ce que l'on a dans nos cuisines et il est utilisé pour envoyer des micro ondes dans un réacteur. Ce réacteur contient des gaz notamment du méthane pour avoir du carbone - le diamant ce n'est que du carbone - et de l'hydrogène pour empêcher la formation d'autre chose que du diamant", explique Alix Gicquel fondatrice de la start-up Diam Concept, qui produit ces diamants. 

Les germes de diamant vont ensuite "pousser". "On fait pousser le diamant comme un gâteau et ceci entre 4 et 6 semaines. Une fois que les diamants sont faits, vous obtenez des diamants du futur", résume Alix Gicquel. 

Des diamants moins chers 

Les diamants ainsi produits coûtent en moyenne 30 à 40% moins chers que des diamants naturels. Alors que l'industrie du diamant est régulièrement pointée du doigt pour son impact écologique et l'exploitation humaine, Diam Concept revendique la création de diamants "éthiques".

La filière intéresse des joailliers qui cherchent à s'éloigner des diamants controversés. A Paris place Vendôme, une bijouterie propose ainsi une première collection baptisée Pont des Arts avec 8 de ces diamants écologiques. L'or des bagues est aussi issue de "mines urbaines", de l'or récupéré dans des téléphones ou des ordinateurs. 

"C'est le premier diamant made in Ile-de-France et c'est une collection nouvelle génération. On a énormément de jeunes qui viennent pour des bagues de fiançailles, qui viennent ici parce que le produit correspond à leurs valeurs", explique Manuel Mallen, président de la bijouterie Courbet. 

La filière du diamant de synthèse est encore loin de concurrencer les mines de diamants. Diam Concept espère intensifier sa production dans les prochaines années et espère d'ici 4 ou 5 ans produire plus de 10.000 carats par an grâce à une vingtaine de réacteurs. 

Elodie Messager avec Carole Blanchard