BFMTV

Après un crédit refusé, un restaurateur refuse l'entrée aux banquiers

Alexandre Callet, devant son restaurant Les Ecuries de Richelieu, mardi.

Alexandre Callet, devant son restaurant Les Ecuries de Richelieu, mardi. - Alexandre Callet - BFMTV.com

Après s'être vu refuser un crédit, le jeune propriétaire d'un restaurant gastronomique à Rueil-Malmaison a apposé un panneau à l'entrée bannissant les banquiers. Il espère ainsi faire réagir la profession, trop obtuse selon lui.

"Je ne cherche pas de l'aide ou du soutien. Je veux juste dénoncer un je-m'en-foutisme assez grave de la part des banquiers en France". Joint par BFMTV.com, Alexandre Callet, restaurateur âgé de 30 ans, ne décolère pas. Devant l'entrée de son restaurant gastronomique, Les Ecuries de Richelieu, une ardoise repérée par Le Figaro résume avec humour son état d'esprit: "Chiens acceptés, banquiers interdits (sauf droit d'entrée de 70.000 euros)".

Le restaurateur ne compte évidemment pas filtrer les clients, mais tient à "marquer les coups", et espère que "les personnes visées se reconnaîtront".

"Les banquiers sont nocifs pour notre pays"

Le différend avec les banquiers remonte à novembre dernier. A la tête d'une entreprise florissante avec son premier restaurant, qu'il a ouvert à l'âge de 23 ans, le jeune homme décide d'ouvrir une seconde affaire avec son associé, un restaurateur italien. Il fait parvenir un dossier de financement auprès de plusieurs banques, pour demander un prêt de 70.000 euros.

"Honnêtement, je n'imaginais pas un seul instant obtenir des refus. Je pensais même pouvoir négocier le taux de mon prêt. En fait, ça a été pire: la plupart des banques n'ont même pas daigné répondre!", s'agace-t-il.

Tous les voyants étaient pourtant au vert: Alexandre Callet avait terminé de payer les crédits précédents qui lui avaient permis d'ouvrir son premier restaurant, aujourd'hui référencé par le Guide Michelin, lui et son associé, tous deux expérimentés, avaient un apport financier, et 2015 a été la meilleure année au niveau du chiffre d'affaires. 

"Il n'y a pas d'explication rationnelle. Le territoire français subit de plein fouet le comportement des banquiers. Ils sont nocifs pour le développement de notre pays, ils font preuve d'un je-m'en-foutisme assez grave. Tout chef d'entreprise en France est capable de raconter des anecdotes similaires à la mienne."

Il ne fera plus appel aux banques

Las, Alexandre Callet a dû jeter l'éponge. "J'avais déjà trouvé le lieu idéal. J'ai dû me rétracter, et mettre dans l'embarras, voire même en péril, la personne qui me vendait son affaire. Ce n'est absolument pas ma façon de faire." 

Si l'ardoise à l'entrée de son restaurant reste plus une façon de "marquer le coup", Alexandre Callet assure que l'on ne l'y reprendra plus. "Pour mes prochains projets, je ne passerai plus jamais par les banques. J'aurais recours, comme beaucoup d'autres, à des levées de fonds, car je n'aime pas être pris pour un imbécile. Quant aux 70.000 euros, si un banquier se décide aujourd'hui à me les prêter suite à la médiatisation de cette histoire, qu'il sache que l'intégralité de cette somme sera reversée à mes salariés."