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Aidée par les réseaux sociaux, la police remet la lettre d'un poilu à son descendant

La lettre date du mois de mai 1915.

La lettre date du mois de mai 1915. - Capture Twitter Police nationale 13

Lors d'une perquisition dans le cadre d'une affaire de cambriolage, la police marseillaise a découvert une lettre d'un soldat français datant de 1915. Après avoir mené l'enquête, les policiers ont retrouvé le descendant du poilu et lui ont remis ce vendredi le précieux document.

Près d'un siècle après avoir été postée, la lettre d'un soldat français de la Première guerre mondiale a retrouvé son destinataire. Il aura fallu l'intervention de la police associée à celle des réseaux sociaux mais Stéphane Drouhot tient désormais entre ses mains le précieux document. Il s'agit du descendant de l'arrière-petit-neveu du poilu qui s'adressait à un ami au moment de partir au front.

Fin janvier, les policiers marseillais ont mis la main sur ce courrier daté de 1915 lors d'une perquisition dans le cadre d'une enquête sur un cambriolage. Aidés par les réseaux sociaux, les fonctionnaires ont pu identifier le descendant du rédacteur de la missive, Stéphane Drouhot, 48 ans, à qui a été remis ce vendredi une copie de la lettre lors d'une cérémonie à Marseille, à L'Evêché, le QG de la police marseillaise au coeur du quartier du Panier.

"En exerçant notre mission de sécurité au bénéfice de nos concitoyens, nous avons l’occasion de créer du lien entre la police et la population à la circonstance que la police permet à votre famille de renforcer le lien qui vous relie à votre histoire familiale", s'est félicité le major Arnaud Louis, parlant d'"un grand moment d'émotion".

"Jour inoubliable"

Dans une lettre datée du 27 mai 1915, Jean Soulagnes, un soldat, s'engageant sur le front de la Somme, écrit à son "seul ami", Jean Audiffen. "Je m'adresse à vous comme au meilleur, au seul de mes amis", écrit le sergent-fourrier au 75e régiment d'infanterie, avant de partir "dans deux heures pour une destination incertaine où doivent se passer de grandes choses". Il lui demande qu'en cas "d'événements graves" de prévenir sa famille et sa fiancée. Deux semaines plus tard, le jeune Marseillais trouve la mort.

Stéphane Drouhot était accompagné de son épouse et de sa fille, Clara, 9 ans, lors de cette cérémonie de remise avant de se rendre dans le quartier d'origine de son ancêtre, aux Camoins, dans le 11e arrondissement de la cité phocéenne, où le nom de Jean Soulagnes est gravé sur le monument aux morts. "Je suis ému par cette lettre, qui ne l’est pas ? On parcourt une prose d’un autre temps, il y a une émotion particulière dans cette lettre", a déclaré l'arrière-petit-neveu du poilu qui a remercié "les généalogiste amateurs" qui ont aidé à la retrouver et "la police marseillaise".

"Aujourd’hui je suis très ému pour plusieurs raisons, ému parce que j’ai débuté l’arbre généalogique en particulier afin de satisfaire le désir de ma mère qui avait toujours le regret de ne pas connaître les origines de sa famille (...), a confié avec émotion Stéphane Drouhot. Les réseaux sociaux nous offrent ce jour inoubliable pour notre famille."

Mobilisation sur les réseaux sociaux

Ce courrier de Jean Soulagnes a été retrouvé plus d'un siècle plus tard lors d'une perquisition dans le cadre d'une enquête sur un cambriolage fin janvier dernier dans un appartement situé dans le 5e arrondissement de Marseille. Chez le receleur d'un cambriolage, un sac plastique contenait quelques bijoux anciens, et un courrier. Cette lettre a-t-elle été reçue par l'ami en question? A-t-elle été remise ensuite à sa famille?

Pour le savoir, le major Arnaud Louis, chargé de communication à la Direction départementale de la sécurité publique des Bouches-du-Rhône, a utilisé les réseaux sociaux, et notamment le compte Twitter @PoliceNat13, le 15 février.

"L'histoire est d'autant plus poignante que nous avions réalisé que ce soldat est mort moins de deux semaines plus tard, le 8 juin", à Hebuterne, dans le Pas-de-Calais, explique Arnaud Louis.

Moins de trois jours plus tard, dès dimanche, un descendant de Jean Soulagnes était identifié par les dizaines de généalogistes amateurs lancés sur la piste. Stéphane Drouhot est agent de maîtrise à la SNCF et vit à Venaray-les-Laumes, en Côte d'Or.
Justine Chevalier avec AFP