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Ingrid Betancourt: "Je crois que l'Iran exporte la misogynie institutionnelle"

La Franco-Colombienne, ancienne otage des Farc, était l'invitée mardi soir de Nathalie Levy sur BFMTV. L'ex-sénatrice colombienne est venue parler en cette journée du 8 mars de son rôle d'ambassadrice de la cause des femmes en Iran.

"Les femmes de ma génération ont l'impression que c'est un acquis", regrette Ingrid Betancourt. Dans News et compagnie sur BFMTV, la Franco-Colombienne est venue parler, à l'occasion de la Journée des droits des femmes, de son engagement en tant qu'ambassadrice de la cause des femmes en Iran.

"Un Etat dont la Constitution est misogyne"

L'ancienne otage des Farc a d'abord confié avoir été transformée après ses années de captivité. "Mes priorités ont changé, j'ai compris qu'il y avait des choses fondamentales", a-t-elle déclaré. Malgré la longue reconstruction, elle se présente aujourd'hui comme une femme "heureuse". Après avoir longtemps été privée de parole, l'écrivaine souhaite désormais donner la parole aux femmes iraniennes. 

"Un des chocs que j'ai eus quand je suis revenue à la liberté, c'est de me retrouver dans un monde où j'avais la sensation que les femmes avaient perdu de l'espace sur les grandes et les petites choses", a-t-elle rapporté. Alors candidate à l'élection présidentielle en Colombie, Ingrid Betancourt avait été enlevée par les Farc en 2002 pour n'être libérée qu'en 2008. Selon elle, l'Iran focalise aujourd'hui dans le monde ce qui est une atteinte fondamentale à la femme. "C'est un Etat dont la Constitution est misogyne. Les lois sont faites pour exclure les femmes, pour les discriminer et justifier la violence contre elle", a-t-elle détaillé.

"S'il y a aujourd'hui Daesh, c'est parce qu'il y a l'Iran"

L'activiste des droits de l'Homme a rapporté que lorsqu'elle était plus jeune en France, elle pouvait s'habiller librement. Désormais certaines femmes, en France, lui confient qu'elles ne s'habillent plus comme elles veulent. "Elles se font cracher dessus, elles se font insulter. Elles en arrivent à se dire, je ne vais pas porter de jupe, je vais mettre des pantalons et, ça va encore plus loin, je vais mettre un foulard. Là, il faut qu'on fasse très attention", a-t-elle prévenu. "Je crois que l'Iran exporte cette misogynie institutionnelle".

La situation est similaire, selon elle, en Arabie Saoudite avec la même interprétation du "Coran néfaste et moyenâgeuse". Mais Ingrid Betancourt soutient que l'Iran est "véritablement un centre de propagation de cette idéologie. S'il y a aujourd'hui Daesh, c'est parce qu'il y a l'Iran". Elle explique la radicalisation de ce mouvement, même en Arabie saoudite, en raison de la rivalité avec l'Iran qui "pousse toutes ces communautés arabes à essayer d'être plus offrant dans l'extrémisme et le fondamentalisme. Si on veut toucher là où le mal commence, il faut regarder l'Iran", a-t-elle conclu.

Elise Maillard