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Infanticide à Berck: quel profil psychologique pour la mère?

La mère d'Adélaïde, la fillette de 15 mois retrouvée morte, noyée, à Berck-sur-Mer

La mère d'Adélaïde, la fillette de 15 mois retrouvée morte, noyée, à Berck-sur-Mer - -

Une femme calme, intelligente, qui assume son acte, selon son avocate. Le portrait de la mère de la fillette retrouvée morte sur une plage de Berck-sur-Mer est de plus en plus troublant.

La mère d'Adélaïde, la fillette de 15 mois retrouvée morte, noyée, à Berck-sur-Mer est passée aux aveux. Elle a été mise en examen samedi et écrouée pour assassinat. Mais de nombreuses zones d'ombres subsistent sur ses motivations. Fabienne Kabou est-elle consciente de ses actes?

"Je ne suis pas dans le mystique"

Selon son avocate, Fabienne Roy-Nansion, sa cliente est "un personnage totalement extraordinaire, au sens littéral du terme. C'est quelqu'un qui est dans une logique qui n'est pas du tout la nôtre, parce que cette logique a abouti à faire mourir une petite fille dans des conditions absolument incroyables".

"Elle concevait pour cet enfant, un avenir qui était noir", rapporte Me Roy-Nansion. Un geste d’amour donc. L’enfant n’aurait pas été désiré dans un couple qui battait de l’aile.

"Non seulement on sent une logique parallèle à la nôtre mais en plus, c'est une femme qui est remarquablement intelligente, très bien élevée", a ajouté l'avocate. "J'ai été frappée par le calme dans lequel elle était. Elle n'est ni triste ni joyeuse. Quand je lui ai dit, vous avez le choix de garder le silence, elle m'a répondu -non, je vais répondre aux questions, car j'imagine que vous voulez tous comprendre et savoir, et c'est normal-. Elle a dit -je ne suis pas dans le mystique, je suis dans la réalité-. Maintenant, c'est sa réalité, sa logique".

"Un noir dessein"

Mais selon les spécialistes, une profonde détresse et une dépression extrême pourraient expliquer son geste. "Elle a l’impression qu’elle ne va pas arriver à accompagner cet enfant dans la vie. Dans sa subjectivité, elle voit un noir dessein", estime le psychiatre Roland Coutanceau, interrogé par BFMTV.

Agée de 36 ans, Fabienne Kabou était sans ressources et se consacrait à ses études de philosophie. La jeune femme ne chercherait pas à fuir ses responsabilités, déclarant elle-même que son cas est indéfendable.

"Elle réalise ce qu'elle a fait. Elle exprime des remords. Elle ne cherche pas à se trouver des excuses. Au contraire, elle dit n'être pas défendable", a expliqué l'avocate, ajoutant que sa cliente avait "le souci de savoir ce qu'(allait) devenir le corps de sa fille".

M.G. avec AFP et Sophie Hebrard