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Incendies: comment sont répartis les moyens entre les différents feux?

D'importants incendies sévissent depuis lundi dans le sud-est de la France et au nord de la Corse. Pour gérer cette situation exceptionnelle, la répartition des moyens s'organise.

"Nous arrivons à une limite de nos moyens sur le territoire national", expliquait ce matin sur BFMTV Frédéric Portet, expert feu de forêt à la fédération nationale des sapeurs-pompiers de France. Face à cette situation "exceptionnelle", les autorités et les pompiers tentent de dispatcher leurs moyens en fonction du risque. 

"Il y a une priorisation qui est faite au niveau de l'état-major de zone et au niveau du centre opérationnel de gestion interministériel de crise, en relation avec les autorités locales. On va évidemment prioriser les personnes, les biens et l'environnement dans un second temps", a détaillé le capitaine Frédéric Portet sur BFMTV

Depuis lundi, ce sont plus de 3.000 hectares de forêt et de garrigues qui ont été ravagés par les flammes sur le territoire national. Dans le Vaucluse, où l'incendie est contenu mais toujours actif, près de 800 hectares ont été parcourus par le feu et plus de 600 sapeurs-pompiers sont encore sur place ce mardi matin. En Haute-Corse, ce sont 1.800 hectares de forêt qui ont été brûlés, notamment près de Biguglia, alors que 13 départs de feu ont été enregistrés dans la journée de lundi. Selon la préfecture, 180 sapeurs-pompiers sont mobilisés.

Un manque de moyens dans le Var?

Plus de 500 pompiers ont également été positionnés dans le Var - 340 dans le secteur de La Croix-Valmer et 220 dans le secteur d'Artigues. Ce mardi, sept d'entre eux ont été blessés dont un sérieusement. Selon le commandement des pompiers dans la région, il faudrait le double de combattants du feu dans la zone. Edouard Dufrasne, envoyé spécial à la Croix-Valmer, pointait également ce matin sur BFMTV le manque de moyens aériens dans le département. "Depuis ce matin on a vu aucun Canadair, on a vu aucun hélicoptère bombardier, le seul avion qu'on a pu voir c'est un avion de reconnaissance des pompiers", expliquait-il.

"Les moyens aériens sont déjà utilisés sur d'autres chantiers", a insisté Frédéric Portet, expliquant que la France était sur le point de faire appel au "mécanisme européen de protection civile afin de demander des renforts éventuel pour les terrains qui demandent moyens aériens".

Jacques Witkowski, le directeur général de la sécurité civile, a par ailleurs souligné que l'incendie de La Croix-Valmer n'était pas le plus préoccupant à l'heure actuelle. 

"C'est un incendie qui est parti à la mer sur deux de ses flancs, nous le fixons sur le flanc des zones habitées. Nous avons d'autres feux qui sont plus au contact d'habitats et qui sont davantage préoccupants aujourd'hui, bien que la maîtrise est en train de s'effectuer", a-t-il indiqué.

La France demande deux Canadair à l'UE

Au total, 19 avions bombardiers d'eau, dont 10 Canadair, 7 Tracker et 2 Dash -gros porteur bombardier d'eau- et plus de 2.000 soldats du feu interviennent dans le Sud-Est, du sud du Vaucluse à la Haute-Corse en passant par le Var, pour venir à bout de ces incendies, d'origines inconnues.

Selon le directeur général de la Sécurité civile, Jacques Witkowski, deux Canadair ont déjà été demandé à l'UE. La réponse devrait être connue dans les prochaines heures. Si elle est favorable, les deux avions pourraient intervenir sur les incendies dès mardi soir, a précisé le préfet Jacques Witkowski, directeur général de la Sécurité civile. Sur BFMTV, ce dernier s'est voulu rassurant: "Sur le plan des avions nous allons en avoir assez cet après-midi pour combattre le feu de façon efficace".

M.P