BFMTV

Marisol Touraine: "Le statut des sages-femmes reconnaîtra leur spécificité médicale"

Marisol Touraine, la ministre de la Santé.

Marisol Touraine, la ministre de la Santé. - -

Les sages-femmes, en mal de reconnaissance et mal rémunérées sont en colère depuis plusieurs mois. Ce jeudi matin, Marisol Touraine a assuré qu'une évolution de leur statut verra la reconnaissance de leur "spécificité médicale", d'ici à "quelques semaines".

"A l'hôpital, les discussions sont en cours. Je l'ai dit, le statut des sages-femmes va évoluer. Il faut que ce nouveau statut tienne compte à la fois de la demande de reconnaissance des sages-femmes", a expliqué jeudi matin Marisol Touraine, au micro de France Inter. La ministre de la Santé répondait à la question d'une auditrice exerçant cette profession en mal de reconnaissance et en grève depuis plusieurs mois.

Assurant avoir des discussions "faciles et fluides" avec les collectifs de sages-femmes rencontrés lors de ses déplacements, la ministre a aussi fait la distinction avec les sages-femmes qui exercent en profession libérale. Elle a assuré vouloir "faire en sorte qu'elles soient mieux identifiées dans le paysage médical". Car selon Marisol Touraine, "beaucoup de femmes ne savent pas qu'elles peuvent faire appel à des sages-femmes libérales".

Une profession en mal de reconnaissance

Mais qu'elles exercent en libérales ou en milieu hospitalier, les sages-femmes ont mené des actions communes tout au long de ces derniers mois. Cette profession, ouverte aux titulaires d'un bac +5, dont une année en médecine, se range pour l'heure dans la catégorie des professions paramédicales. Un statut de "praticien hospitalier" permettrait d'obtenir la pleine reconnaissance d'une spécialité médicale et de prétendre à terme, à de meilleures rémunérations. "Nous ne voulons pas de statut intermédiaire", a d'ailleurs revendiqué Pascale, l'auditrice qui s'est exprimée ce jeudi matin.

Mais la concurrence avec les autres professions médicales hospitalières, notamment les gynécologues, pourrait poser problème. Comme l'a rappelé la ministre, le statut devra aussi tenir compte du "bon fonctionnement de la communauté hospitalière". "Les sages-femmes ne le contestent d'ailleurs pas, elles ne sont pas seules, elles travaillent avec des pédiatres des gynécologues, des anesthésistes", a tenu à rappeler Marisol Touraine.

Un statut pour un meilleur suivi des femmes

Autre point de tension évoqué par l'auditrice, les sages-femmes demandent à être reconnues en tant que "praticien de premier recours". Ce statut leur permettrait de voir reconnaître leur spécialité de suivi des femmes ne présentant pas de pathologie particulière et donc de permettre aux patientes de les consulter directement. Là encore, la concurrence avec d'autres praticiens hospitaliers pourrait constituer un point d'achoppement.

"Ce sont des professions médicales, il n'y a aucun doute à ce sujet", a conclu Marisol Touraine. Quant aux détails de l'arbitrage attendu par la profession, il sera connu dans "quelques semaines", a assuré la ministre. En attendant, une nouvelle mobilisation des sages-femmes est programmée pour le 19 février.

David Namias