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Gilets jaunes: 27.000 manifestants actifs sur 400 sites, Castaner hausse le ton

Les gilets jaunes ce lundi près de La Rochelle.

Les gilets jaunes ce lundi près de La Rochelle. - XAVIER LEOTY / AFP

Les "gilets jaunes" ont poursuivi les opérations de blocage pour le 3e jour consécutif ce lundi, ciblant des autoroutes et des dépôts pétroliers, tandis que le gouvernement affichait son inflexibilité sur sa politique économique.

Troisième jour de blocage et une première condamnation: les "gilets jaunes" poursuivaient ce lundi les opérations de blocage en ciblant autoroutes et dépôts pétroliers, tandis que les autorités affichaient leur fermeté. 

27.000 manifestants ce lundi

Selon un décompte du ministère de l'Intérieur, le seul disponible pour évaluer ce mouvement qui se veut apolitique et asyndical, 27.000 personnes ont participé lundi à des actions sur le territoire français, contre 290.000 samedi. 

Alors que de nombreux points de rassemblements, péages, stations-service, entrées des autoroutes ou centres commerciaux, avaient été évacués dans la matinée par les forces de l'ordre, certains "gilets jaunes" ont réinvesti les lieux l'après-midi. Plusieurs dépôts pétroliers sont par ailleurs désormais ciblés, notamment à Port-la-Nouvelle (Aude), Fos-sur-Mer (Bouches-du-Rhône), Frontignan (Hérault), Portes-lès-Valence (Drôme) et Valenciennes (Nord). Des blocages confirmés par le groupe Total, notamment dans le sud et l'ouest.

Un homme condamné à 4 mois de prison ferme

  • Un homme de 32 ans a été condamné à Strasbourg à quatre mois de prison ferme pour mise en danger de la vie d'autrui et entrave à la circulation. Samedi, il avait formé une chaîne humaine sur l'autoroute et traversé un terre-plein central avec quatre autres personnes.

Par ailleurs, un homme de 34 ans a lui été condamné à six mois ferme par le tribunal d'Orléans pour avoir forcé un barrage des gilets jaunes à Saran, sans faire de blessé. 

Un mort et 528 blessés 

Les manifestations ont fait un mort et 528 blessés, dont 17 grièvement, selon un bilan actualisé lundi. Aucun détail n'a été donné sur les circonstances ni la nature des blessures. 

La journée de lundi a été marquée par de nouveaux incidents. À Calais, un routier a tenté de forcer le passage d'un barrage, avant d'être pris en chasse par un motard de la police, qui a ensuite heurté une voiture. Le policier blessé a été transporté à l'hôpital. Dans la Drôme, un motard qui avait pris la route à contresens avant de rencontrer un camion, était entre la vie et la mort.

Emmanuel Macron silencieux

Le chef de l'Etat a déclaré depuis Bruxelles qu'il répondrait au mouvement "en temps voulu", arguant qu'il ne s'exprimait pas sur l'actualité française depuis l'étranger. La veille, le Premier ministre avait dit avoir entendu la "colère" et la "souffrance" des manifestants mais avait maintenu "le cap" de la politique économique du gouvernement, visant à faire baisser les prélèvements obligatoires et mieux rémunérer le travail, quitte à davantage taxer la pollution.

Castaner appelle au respect de la libre-circulation

Le ministre de l'Intérieur Christophe Castaner a appelé ce lundi soir "solennellement" les "gilets jaunes" au respect du "principe de la libre circulation" et averti que les déblocages menées par les forces de l'ordre allaient se poursuivre. "Je demande solennellement, mais fermement, à ceux et celles qui veulent manifester de continuer à manifester s'ils le veulent, mais sans chercher à bloquer et à atteindre la liberté de chacune et chacun", a déclaré le ministre lors d'un point presse.

"Les opérations de déblocage vont donc se poursuivre dans les heures qui viennent", a-t-il ajouté, précisant avoir demandé aux préfets et aux forces de l'ordre de "veiller à dégager systématiquement, mais méthodiquement, sans confrontation, les dépôts pétroliers et les sites sensibles".

Jeanne Bulant avec AFP