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Finances, dette: la gestion de la ville de Paris épinglée par un rapport de l'iFRAP

La Mairie de Paris - Image d'illustration

La Mairie de Paris - Image d'illustration - Google StreetView

Pour la seule année 2018, les dépenses de la ville de Paris représentent 9,4 milliards d'euros.

C’est un rapport incendiaire pour la ville de Paris et l'administration d'Anne Hidalgo, qui a été publié ce jeudi par la fondation iFRAP (Fondation pour la recherche sur les administrations et les politiques publiques), un think tank spécialisé sur la recherche et l'efficacité des politiques publiques.

Depuis sa recréation en 1975 -la ville de Paris était auparavant gérée par l’État- la mairie de Paris n'a de cesse de s'embourber dans une dette de plus en plus forte. En détail, il est ainsi expliqué dans cette étude de 200 pages que cette dernière s’élève actuellement à 5,7 milliards d’euros, soit l'équivalent de 2835 euros par habitant. Un chiffre en croissance constante, puisque la dette par Parisien était de 507 euros en 2001 et de 1636 euros en 2013, en fin de mandat de Bertrand Delanoë.

Les agents municipaux pointés du doigt 

De plus, un second chiffre inquiétant est mis en lumière par ces travaux. Pour la seule année 2018, les dépenses de la Ville représentent le colossal chiffre de 9,4 milliards d'euros, dont 7,8 milliards de dépenses de fonctionnement, un chiffre en hausse de 35% depuis l’année 2010.

Estimés à 2,4 milliards d’euros annuels, les plus importants coûts de fonctionnement restent les charges du personnel (salaires...). En l’espace d’une vingtaine d’années seulement, le nombre d’agents employés par la ville de Paris a bondi, et est passé de 40.300 à 52.000 selon les derniers chiffres. Une augmentation problématique, d’autant plus que la population parisienne tend à diminuer depuis le début des années 2010 (2.190.327 selon le dernier recensement).

A titre de comparaison, Le Figaro, qui reprend les principales lignes du rapport, signale que Paris compte un agent pour 43 habitants, une proportion bien loin de celle de Rome (95 pour un habitant) ou de Londres (107 pour un habitant). Des employés pour qui, entre 2007 et 2015, les rémunérations accessoires (primes, avantages en nature, indemnités...) ont augmenté de 7% souligne encore le quotidien.

La "supermétropole comme solution"

Toujours selon les conclusions de l’iFRAP, l’économie parisienne semble atteindre ses limites "en matière de transports et de logement", souligne-t-on. Mise en cause, l’organisation de la région parisienne qui a des répercussions directes sur Paris intra-muros et qui affaiblit l’action publique. Il est ici reproché à la municipalité une inadéquation entre les besoins réels des Parisiens et leur situation actuelle.

De fait, l’iFRAP propose la création d’une "supermétropole", proche de celle de Londres, qui permettrait ainsi d’éviter des conflits de compétences entre communes, départements et régions.

Leur solution serait la suivante: à l'image de la Greater London Authority britannique, cette autorité aurait un pouvoir global de décision sur une majorité des missions, déléguant les autres aux boroughs, des arrondissements. Une telle mise en place signifierait la disparition de la Mairie de Paris. Ainsi, à quelques mois seulement de l’élection municipale de 2020, la fondation iFRAP conseille aux candidats d’inclure dans leur programme un système de remodelage du territoire parisien.

Hugo Septier