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Violences dans un lycée à Paris : les cours suspendus

Après deux incidents violents dans un lycée professionnel parisien, les professeurs ont exercé leur droit de retrait.

Après deux incidents violents dans un lycée professionnel parisien, les professeurs ont exercé leur droit de retrait. - -

Il n’y a plus de cours au lycée professionnel Théophile Gautier à Paris depuis mardi. Après deux incidents violents, les professeurs ont fait valoir leur droit de retrait et ont suspendu les cours.

Nouvelle journée sans cours au lycée Théophile Gautier à Paris dans le 12e. Depuis mardi, les enseignants ont suspendu leurs cours en faisant valoir leur droit de retrait suite à deux incidents très violents.
La semaine dernière une professeur a été menacée de mort par deux élèves. Deux semaines, avant c’était le proviseur qui était visé par un élève de 14 ans qui a tenté de l’étrangler. Depuis, la psychose monte au sein de l’établissement. « Nous ne savons pas comment gérer certaines classes, nous montons parfois avec la peur au ventre, confie Sabina Torres, professeur d’économie. Nous ne savons pas la réaction qu’il va y avoir, nous savons que nous serons seuls dans nos classes et que personne ne pourra intervenir ».

« Ils sont à bout »

Pourtant ces professeurs ne sont pas novices, indique Clélia Brunel, professeur de français et d’histoire, responsable syndicale Snuep FSU. « Certains [professeurs] ont même dit "ce n’est pas tellement qu’on a peur des élèves mais qu’on a peur de nos propres réactions face à eux et que nous sommes tout à fait capables sur un agacement particulier de nous en prendre aux élèves, d’être dépassés" alors qu’on a affaire à des professeurs chevronnés qui ont de l’expérience, qui savent gérer des classes extrêmement difficiles, explique-t-elle. Et ils en viennent là, ils sont à bout ».

« Ils arrivent dans des lycées non-spécialisés »

Les syndicats de professeurs dénoncent des moyens insuffisants. Ils demandent notamment le dédoublement des heures dans les classes difficiles, des moyens de surveillance supplémentaires, une infirmière à plein temps, le poste de Conseiller principal d'éducation (CPE) perdu l'an passé.
En cause aussi, la fermeture des établissements spécialisés. « Les établissements spécialisés qui recevaient les élèves les plus en difficulté ferment, voilà pourquoi ces jeunes gens très en détresse arrivent dans nos lycées professionnels classiques, explique Sabina Torres. Avant, ils étaient pris en charge par des instituteurs spécialisés, dans des classes entre 5 et 8 élèves en enseignement pro. Ils arrivent dans nos lycées qui ne sont pas spécialisés dans des classes à 30 élèves. Et là, le professeur seul ne peut pas s’en arranger sans autre moyen ».

« Ils n'ont pas une heure à accorder à un lycée en difficulté »

Une délégation du personnel a été reçue au rectorat vendredi mais sans obtenir satisfaction sur l'ensemble des demandes. « Nous avons demandé au rectorat d’être reçus, ce qu’il a fait en nous disant "débrouillez-vous à moyen constant, mesdames messieurs", relate Sabina Torres, professeur d’économie et représentante FO-SNETAA. Ils n’ont pas une heure de plus à accorder à un lycée parisien en difficulté ».

La Rédaction, avec Jamila Zeghoudi