BFMTV

Drones: qui fait survoler des centrales nucléaires?

La centrale nucléaire de Cattenom, en Moselle, l'un des treize sites nucléaires survolés par des drones.

La centrale nucléaire de Cattenom, en Moselle, l'un des treize sites nucléaires survolés par des drones. - Wikimedia

En un mois, treize centrales nucléaires françaises ont été visées par des survols de drones, dont l'origine reste inexpliquée. Action des écologistes, attaque terroriste, de nombreux scénarios ont été évoqués.

Des survols mystérieux, et toujours pas d'explication. En l'espace d'un mois, treize centrales nucléaires françaises ont été survolées par des drones. Parmi elles, les sites nucléaires de Flamanville, Fessenheim, Penly, Bugey ou encore Golfech, qui ont tous été "visités" par des engins volants sans pilote, depuis le 5 octobre, de nuit ou très tôt le matin.

Si le gouvernement s'est voulu rassurant, une telle démarche, pour le moment non revendiquée, relance les craintes sur la potentielle vulnérabilité des installations nucléaires, dénoncée par des mouvements comme Greenpeace et Sortir du nucléaire. Qui peut être à l'origine de ces survols? Dans quel but sont-ils menés? BFMTV.com fait le point.

> Une action des anti-nucléaires?

Immédiatement visées, les associations de lutte contre le nucléaire se sont retrouvées en première ligne des accusations. Pourtant, ces mouvements ont pour habitude de revendiquer leurs actions. "Ne pas revendiquer l'action, ce n'est pas dans les pratiques du mouvement écologiste", a ainsi rappelé Charlotte Mijeon, chargée de communication pour le réseau Sortir du nucléaire.

Même son de cloche du côté de chez Greenpeace. L'ONG, connue pour son opposition très ferme au nucléaire, avait déjà envoyé des drones au-dessus de deux centrales, en 2012. En outre, plusieurs de ses militants ont déjà réussi à pénétrer sur des sites nucléaires - une action revendiquée. Mais Greenpeace a démenti catégoriquement être impliquée dans cette affaire, et a même fait savoir son "inquiétude". "L'ampleur de ces opérations et les moyens matériels utilisés sont de plus en plus inquiétants", estime Yannick Rousselet, chargé de campagne nucléaire pour Greenpeace France., dans un communiqué

> Une menace terroriste?

Parmi les autres hypothèses évoquées: celle des drones équipés d'une charge explosive, envoyés au-dessus des centrales dans le but d'y mener des attaques. Et ce à l'heure où le plan Vigipirate est renforcé en France. Ce scénario semble toutefois peu probable du fait de la taille des engins volants repérés en train de survoler les sites nucléaires. Il s'agissait en effet de mini-drones, disponibles à la vente dans le commerce.

Pesant moins de deux kilos, ces appareils sont trop légers pour être capables d'emporter des explosifs. Un élément confirmé par un porte-parole de l'armée de l'air, qui a indiqué que compte tenu de la taille des drones incriminés, "il n'y a pas de menace avérée contre les installations en elles-mêmes". En revanche, selon Greenpeace, "un drone de taille moyenne peut porter une charge suffisante pour endommager le bâtiment de la piscine de stockage des combustibles irradiés". 

> Un canular?

Face au mystère de la situation, qui a poussé EDF à systématiquement porter plainte contre X, certains ont même soulevé l'hypothèse du canular. Ainsi, pour Le Parisien, il peut s'agir de "plaisantins qui se lanceraient des défis", avant de souligner qu'aucune activité en ce sens n'a été repérée sur Internet. Le quotidien avance aussi l'idée d'un test visant à mettre à l'épreuve la sécurité des centrales, mais l'hypothèse semble peu probable compte tenu de l'ampleur prise par l'affaire.

Enfin, 20 Minutes évoque la possibilité d'une action menée par un lobby anti-drone, qui voudrait dénoncer la surveillance des civils. "En septembre 2013, le parti pirate avait envoyé un drone se poser à deux mètres d'Angela Merkel lors d'un meeting à Dresde, pour dénoncer la surveillance policière", rappelle ainsi le site du journal gratuit. 

A.S.