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Dirigeants de Virgin : «Des pilleurs d'épaves», dit Mediapart

Prime, bonus...selon Mediapart, l’équipe dirigeante de Virgin s'est organisé un départ plus que confortable, avec l’aval des actionnaires.

Prime, bonus...selon Mediapart, l’équipe dirigeante de Virgin s'est organisé un départ plus que confortable, avec l’aval des actionnaires. - -

Alors que les 960 salariés de Virgin se battaient pour obtenir un plan social digne pendant le naufrage de leur entreprise, les dirigeants s’octroyaient primes et bonus avec la bénédiction des actionnaires. Un scandale révélé par Mediapart.

Chômage pour les salariés, pot de départ pour les dirigeants ?
Un plan social « décent ». C’est ce que réclamaient les salariés de Virgin pendant le naufrage de leur entreprise. Les agissements des responsables de l’entreprise, mise en liquidation judiciaire le 17 juin dernier, méritent l'adjectif inverse. D’après la nouvelle bombe sortie par Mediapart, pendant que les 960 employés de Virgin bataillaient pour l’obtention d’un plan de départ digne de ce nom, les supérieurs se remplissaient les poches. Prime, bonus, réévaluation des salaires… selon des informations publiées par le site web, l’équipe dirigeante de Virgin, sa présidente en tête, Christine Mondollot, s'est organisé un départ plus que confortable, avec l’aval des actionnaires. Fin janvier 2013, la direction propose même « une prime de rétention »correspondant à 20% de salaire annuel pour un certain nombre de cadres et de dirigeants. Une équipe dirigeante dont une partie est arrivé à la tête de Virgin il y a moins d’un an, pour organiser la liquidation de l’entreprise et non la sauver, accuse Mediapart.

« Des chèques de départ payés par la collectivité »

Martine Orange, journaliste à Mediapart, a travaillé à partir de mails échangés entre membres de la direction. « Ils ont revu tous leurs contrats de travail à la hausse. Sans compter que toutes ces indemnités sont intégrées dans les chèques de départ, des chèques payés par la collectivité car Virgin officiellement n’a plus les moyens de les honorer ». Le paiement de ces primes et bonus est transféré à une caisse générale, les AGS : « Une caisse à laquelle tout le monde cotise, pour assurer les derniers salaires quand les salariés sont confrontés à une situation d’entreprise en faillite. On est devant des pilleurs d'épave » conclut la journaliste.

Les salariés ont obtenu gain de cause

Le tribunal de commerce avait rejeté le 10 juin deux offres de reprise de Virgin, placée en redressement judiciaire depuis le mois de janvier.
Mi-juin, les salariés ont investi plusieurs magasins pendant dix jours, réclamant un plan social plus avantageux pour eux. Un accord de "fin de conflit" avait été signé le 20 juin. Les salariés ont obtenu, comme ils le demandaient, que l'enveloppe consacrée au plan de sauvegarde de l'emploi, qui bénéficiera à un millier de personnes, soit portée de 8 à 15 millions d'euros.

Claire Béziau, avec Jamila Zeghoudi