BFMTV

Cigarettes électroniques interdites aux mineurs : les vendeurs contestent

Comme pour  l'alcool ou le tabac, les majeurs pourront toujours ravitailler les mineurs.

Comme pour l'alcool ou le tabac, les majeurs pourront toujours ravitailler les mineurs. - -

Les députés ont voté jeudi un amendement du projet de loi sur la consommation interdisant la vente des e-cigarettes aux moins de 18 ans. Pour les vendeurs, les mineurs pourront continuer à s’en procurer, et elles seraient même une «porte de sortie» du tabagisme.

Une « première étape importante » pour Marisol Touraine, qui a encensé la disposition votée jeudi à l’Assemblée nationale visant à interdire aux mineurs la cigarette électronique.
« L’objectif est d’encadrer la cigarette électronique dans les mêmes conditions que la cigarette et le tabac ». Le vote des députés n'est peut-être qu'un début. La ministre de la Santé souhaite que la cigarette électronique soit soumise au même régime que la cigarette normale. « Pas de publicité dans les journaux, le métro ou sur les affiches, pas de vente aux mineurs, et ça entrera en vigueur rapidement » a ajouté Marisol Touraine.
La e-cigarette, réputée moins coûteuse et dangereuse que le tabac, ferait déjà un million d'adeptes. Elle permet à un fumeur de relâcher l'emprise de la cigarette mais pas forcément de se défaire véritablement de l'addiction à la nicotine.

« Ma mère me les achète »

Pour autant, les jeunes ne l’entendent pas de cette oreille. Léa, 16 ans, va devoir présenter sa carte d'identité en boutique, comme chez le marchand de tabac ou d'alcool, et cela va sérieusement lui compliquer la tâche. La jeune fille ne comprend pas un tel amendement : « On m’a toujours dit que c’était déjà mieux que fumer une cigarette normale », argumente-t-elle.
L'adolescente compte contourner la nouvelle législation grâce à sa mère, qui deviendra sa fournisseuse officielle. Comme pour l'alcool ou le tabac, les majeurs pourront toujours ravitailler les mineurs.
Côté vendeurs, pas trop d’inquiétude. Au magasin La Vapoteuse, dans le centre de Paris, Vanessa Delarue, la patronne ne voit passer que « deux mineurs » par mois. Si elle ne défend pas la fumette à tout prix, l’e-cigarette serait un « moyen de sauver des vies » et elle ne comprend pas qu’on puisse la rendre inaccessible à une catégorie de la population. « C’est impossible, on est des centaines de magasins en France. On sait que les effets seront moins néfastes que la cigarette » défend-t-elle.

« La catégorie des mineurs n’est pas homogène »

Jean Lorcy, créateur de la marque d’e-cigarette Fuu, ne voit pas beaucoup de mineurs non plus, puisque la moyenne d’âge de ses clients se situe entre 35 et 45 ans. Il pense aussi que l’e-cigarette permet de sortir du tabagisme, même si elle ne s’adresse pas à tout le monde : « La catégorie des mineurs n’est pas homogène. A 12 ans, on ne doit pas avoir accès à ce genre de produits, mais les mineurs plus âgés pourraient être concernés ». Il décrit des clients en majorité « écoeurés par le tabac ». Quant aux mineurs, ils sont souvent accompagnés de leurs parents. « Ce sont des jeunes qui fument déjà et qui veulent s’en tirer » conclut-il.

Claire Béziau, avec Thomas Chupin