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Chérèque : « Assez de fausses promesses ! »

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Le projet de loi sur le travail le dimanche fait toujours débat. François Chérèque, secrétaire général de la CFDT, en critique les « pseudo-restrictions » .

Très remonté contre le projet de loi sur le travail dominical, François Chérèque y dénonce un « marché de dupes ». Pour le secrétaire général de la CFDT, les restrictions qui y ont été apportées, ne sont que provisoires et ne règleront pas le problème du pouvoir d'achat des Français : « On est en train de faire une loi pour 2 ou 3 zones commerciales soi-disant, et on oublie les 2 millions de Français qui travaillent déjà tous les dimanches et les 6 millions qui travaillent d'une façon alternante. Pourquoi la proposition de loi ne prévoit pas de doubler le salaire des gens qui travaillent dans les hôtels, cafés et restaurants, dans les hôpitaux... ? On est en train de faire en sorte, pour quelques zones commerciales, de permettre de travailler le dimanche pour un salaire double, alors qu'on ne le fait pas pour l'ensemble de la société. Parce que financièrement, ce n'est pas possible. Nous ne sommes pas d'accord sur le fait de modifier l'organisation de la société à travers 2, 3 zones. »

« Les salariés du dimanche n'ont jamais le choix »

Chahuté au sein même de la majorité, le projet de loi sur le travail dominical continue donc de faire débat. Pour tenter de calmer les tensions, le ministre du Travail, Xavier Bertrand a rappelé que les salariés auraient un droit de refus du travail le dimanche dès l'an prochain. Une précision à laquelle François Chérèque, secrétaire général de la CFDT, ne croit pas du tout : « Pourquoi les gens travaillent le dimanche ? Parce qu'ils ont des problèmes financiers. J'ai rencontré beaucoup de jeunes personnes qui travaillent dans les supermarchés. A temps partiel, ils veulent surtout pouvoir travailler plus la semaine. En plus, on est en train de nous dire : "les salariés pourront arrêter de travailler le dimanche". Vous imaginez un magasin dont la moitié des salariés veulent arrêter ? Ça ne marchera pas ! On voit bien ce que dit le patronat :"dans une entreprise, ça n'a jamais été le salarié qui a décidé". Donc, arrêtons ces fausses promesses ! Elles ne pourront pas tenir. On a des responsables politiques qui ne connaissent pas le fonctionnement des entreprises : dans celles qui sont ouvertes le dimanche, les salariés n'ont jamais le choix. »

La rédaction-Bourdin & Co