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Calais: Londres finance un mur pour empêcher les migrants de monter dans les camions

Un migrant inscrit un message sur un mur du terminal de ferry de Calais (photo d'illustration)

Un migrant inscrit un message sur un mur du terminal de ferry de Calais (photo d'illustration) - Philippe Huguen - AFP

Les travaux de construction d'un mur végétalisé de quatre mètres de hauteur, financé par le Royaume-Uni, ont commencé à Calais sous les protestations des associations. Érigé de chaque côté de la rocade portuaire, il est censé empêcher les migrants de monter dans les camions en partance pour la traversée de la Manche.

La construction d'un mur végétalisé a commencé lundi à Calais. Financée par les autorités britanniques pour un coût total de 2,7 millions d'euros, cette barrière haute de 4 mètres sera érigée de chaque côté de la route pour empêcher les migrants de monter dans les camions en partance pour le Royaume-Uni, rapporte France bleu Nord.

"Des matelas enflammés sur l'autoroute"

Les travaux de débroussaillage ont commencé le long de la rocade portuaire de cette commune du Pas-de-Calais. L'objectif pour les autorités, c'est de protéger le port où transitent chaque année près de 2 millions de camions. En décembre dernier, déjà, le projet avait été évoqué par Jean-Marc Puisseseau, le président du Port de Calais.

"Les migrants aujourd'hui, trouvant de nouvelles astuces pour bloquer les camions, jettent chaque nuit des troncs d'arbres, des branchages, des matelas enflammés, des caddies sur l'autoroute pour faire arrêter les camions et à ce moment-là les assaillir et les monter."

"Un nombre de morts croissant"

Mais du côté des associations qui travaillent auprès des réfugiés, ce mur végétalisé n'empêchera pas les migrants d'approcher les camions. Il pourrait même avoir des effets désastreux.

"On a bien vu les grilles de six mètres de haut payées par les Anglais déjà", témoigne sur France Bleu Jean-Claude Lenoir, président de Salam, un collectif de soutien d'urgence aux réfugiés. "Ils veulent se donner bonne conscience. On a bien vu les terrains inondés au mépris de la nature par Eurotunnel et cela n'a rien changé. À part, peut-être, une prise de risque supérieure des migrants et avec un nombre de morts croissant."

Fin juillet, un migrant âgé d'une trentaine d'années est mort sur l'autoroute A16 à hauteur de Calais. Il aurait été percuté par un camion ou serait tombé de l'un d'entre eux. Il s'agit du huitième réfugié décédé dans le secteur depuis le début de l'année. Aujourd'hui, entre 4.500 et 7.000 migrants vivent dans la "jungle" de Calais dans l'espoir de rallier l'Angleterre.
C.H.A.