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"Ça fait du bien": guéri du Covid-19, il remarche pour la première fois après 15 jours en réanimation

Depuis le début de l’épidémie de coronavirus en France, 16.183 personnes sont sorties guéries de l’hôpital. Mais pour ceux qui ont dû être intubés en réanimation, une longue convalescence commence pour retrouver une activité cardiaque et respiratoire normale.

C’est un nouveau combat qui commence. Pour les patients qui sortent guéris de réanimation après avoir été contaminés par le Covid-19, le séjour dans les services hospitaliers n’est pas encore terminé. Les convalescents doivent passer par la case réadaptation afin de reprendre une activité cardiaque et respiratoire normale. C’est le cas de Patrick Bradenberger qui fait ses premiers pas en dehors de sa chambre d’hôpital après avoir passé 15 jours en réanimation. 

"Ça fait du bien! C’est bête à dire parce que ce n’est pas loin, ce n’est qu’une petite sortie de chambre, mais j’ai l’impression de retrouver l’espace", témoigne-t-il au micro de BFMTV.

Trou noir

Atteint du Covid-19, le quadragénaire a été transporté mi-mars en urgence à l’hôpital où il a dû être placé en coma artificiel et intubé. Un choc pour Patrick Bradenberger qui s’attendait à ce qu’on lui prescrive "un traitement habituel contre la grippe" avant de pouvoir simplement rentrer chez lui. Pendant deux semaines, il est plongé dans un sommeil profond dont il ne garde aujourd’hui aucun souvenir. 

"Ma mère est morte du coronavirus trois jours après mon hospitalisation. On m’en a vaguement parlé soi-disant, mais je ne m’en rappelle pas", raconte celui qui porte encore les stigmate de son hospitalisation. 

Une voix transformée par le tube du respirateur, près de 15 kilos perdus et une fatigue extrême. Même marcher est un défi pour celui qui ne pense qu’à une seule chose: "Rentrer chez moi retrouver ma femme et mes enfants".

"A son rythme"

"Aujourd’hui il fait 20 mètres, demain on lui en proposera 40 et on verra si on peut continuer à augmenter la distance. On fera ça à son rythme", expose son kinésithérapeuthe, Eric Dessaint.

L’institut de réadaptation de Nancy s’attend à un afflux de patients dans les jours à venir, 15 arrivées sont déjà prévues cette semaine. Et la crainte d’être dépassé gagne désormais les services de réadaptation, alors que 6978 patients sont actuellement en réanimation, selon le dernier bilan du ministère de la Santé. "On est prêts, on sait faire mais on n’est pas dimensionnés. Pour l’instant nous n’avons pas les moyens humains suffisants", avertit le professeur Jean Paysant, directeur médical de l’institut régional réadaptation à Nancy.

Ambre Lepoivre