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Baromètre de la discrimination: le gouvernement sévèrement jugé

Le gouvernement de Jean-Marc Ayrault a été jugé par République et Diversité à l'aune de sa lutte contre les discriminations. Selon leurs critères, le résultat n'est pas très brillant.

Le gouvernement de Jean-Marc Ayrault a été jugé par République et Diversité à l'aune de sa lutte contre les discriminations. Selon leurs critères, le résultat n'est pas très brillant. - -

Le think tank République et diversité a jugé l'action, depuis un an, de chaque ministère en matière de lutte contre les discriminations. Selon leurs critères, la note est très salée, avec unemoyenne de 3 sur 20.

Ils appellent ça la notation citoyenne. Après le baromètre de l'homophobie, le think tank République et diversité a évalué l'action du gouvernement contre les discriminations. Ce baromètre, constitué en association avec le planning familial, l'association des paralysés de France, le conseil représentatif des associations noire de France (Cran) et le comité Idaho, distribue bons et les mauvais points à chaque ministère. Cette fois encore, le résultat n'est pas très glorieux.

Le baromètre a été établi sur quatre critères: le genre, le handicap, l'origine et l'orientation sexuelle. Et les notes vont de 13 sur 20 à -10... pour une moyenne de 3.

Selon les critères établis par les jurés, parmi lesquels Laurence Méhaignerie et Rokhaya Diallo, c'est le ministère de la Jeunesse, tenu par Valérie Fourneyron, qui est le plus actif à combattre les discriminations avec une note de 13. Suivent les ministères de la Ville (François Lamy, 12 sur 20), du Logement (Cécile Duflot, 11 sur 20) et du Travail (Michel Sapin, 10 sur 20).

"François Hollande participe au discrédit de la politique"

Tous les autres sont en-dessous de 10. Le cancre de la liste, le ministère de l'Intérieur, a même obtenu un score de -10 sur 20. Il participe, selon le jury, à accroître les discriminations dans le pays.

Contacté par BFMTV.com, Louis-Georges Tin, le président du Cran et fondateur du comité Idaho, est en colère: "Ce qui nous a frappé, c'est que François Hollande se soit ému, à juste titre, de l'attitude de Jérôme Cahuzac, qui lui a menti les yeux dans les yeux. Comment peut-il être aussi sévère avec Jérôme Cahuzac alors que lui-même a menti au peuple, en ne tenant pas ses engagements? Il participe au discrédit de la politique."

Mais comment a été notée l'action de chaque ministère? Le jury a interrogé, depuis un an, les ministères sur leurs actions en termes de discrimination. L'échelle de critères a été définie en fonction des promesses de campagnes et de l'action concrète menée au quotidien. Les plans de formation qui seront bientôt dispensés aux fonctionnaires sur le territoire pour les sensibiliser à la discrimination font partie des critères positifs les plus importants.

Aider le gouvernement à progresser

À l'inverse, Louis-Georges Tin cite l'exemple "emblématique" du ministère de l'Intérieur, bon dernier. Pour les promesses: "Monsieur Valls a renié son engagement en reculant sur la question du contrôle au faciès." Mais aussi pour son action: "Sa politique de reconduite à la frontière est plus de plus grande ampleur, et se fait dans des conditions encore pires que ce que pratiquaient Messieurs Besson, Hortefeux ou Guéant! Cette action participe à renforcer le racisme."

Comme pour le baromètre de lutte contre l'homophobie, l'objectif n'est pas tant de pointer du doigt les faiblesses du gouvernement que de les aider à faire mieux. Des propositions de bonnes pratiques leurs seront adressées et des rendez-vous seront proposés avec des membres du jury. De plus, cette évaluation sera réalisée chaque année.

Matignon, qui n'avait pas pris connaissance des résultats de ce baromètre avant ce jour, n'a pas répondu aux demandes d'interview de BFMTV.com.

>> Voir le baromètre: