BFMTV

Au lendemain des pillages, les commerçants constatent l'étendue des dégâts

Des manifestants brisent une vitrine, à Paris, le 1er décembre 2018.

Des manifestants brisent une vitrine, à Paris, le 1er décembre 2018. - Alain Jocard - AFP

De nombreux commerces situés aux abords des Champs-Elysées et de la rue de Rivoli ont été pillés et saccagés samedi, dans le cadre des violences qui ont éclaté en marge de la mobilisation des gilets jaunes.

Ils ne peuvent que constater les dégâts. Au lendemain des violences qui ont éclaté au coeur de la capitale en marge de la mobilisation des gilets jaunes, samedi, plusieurs commerçants ont découvert avec effroi l'état de leur magasin. Plusieurs enseignes situées près des Champs-Elysées et de la rue de Rivoli ont en effet été la cible de pillages et de saccages, samedi en début de soirée.

"On a attendu que ça se passe"

Sur l'avenue de la Grande-Armée, l'une des douze artères qui partent de la place Charles-de-Gaulle, plusieurs commerces ont été passés à sac. Clément, vendeur dans un magasin d'articles de moto, explique à notre micro avoir assisté, "complètement impuissant", à la longue scène de pillage de sa boutique, où des casseurs sont arrivés par dizaines. 

"On était juste devant. On a attendu que ça se passe, on est allés dans les étages de l'immeuble, rapatriés par des voisins, qui ont pris bien soin de nous. Et puis on a attendu que les CRS descendent faire place nette, et puis on a pu revenir pour constater les dégâts", raconte Clément. 

"Ils ont commencé par une première vitrine, qu'ils ont a priori cassée avec un antivol. Ils sont rentrés par là. Puis il y a eu une deuxième ouverture. Tout est allé très vite. En l'espace de trente secondes il devait y avoir 60 personnes dans le magasin. On a vu les vidéos, c'est 'animal' ce qu'il s'est passé", détaille-t-il.

L'heure de l'inventaire

Après le constat, reste désormais à déblayer, ranger, et faire l'inventaire de ce qui a été dérobé. "On a déjà fait un travail pas possible grâce à la mobilisation de tout le monde, des gens de l'immeuble, des policiers. On a pu déblayer le gros. Et puis aujourd'hui on trie, on inventorie, on fait l'état des stocks. Et puis on regarde où en est, il y a beaucoup de travail qui nous attend avant de reprendre notre métier principal", explique encore le commerçant.

A l'image de ce magasin, de nombreux commerces du secteur ont été vandalisés en début de soirée samedi. Un employé de La Belle Armée, un restaurant de l'avenue de la Grande-Armée dont les vitrines ont été brisées, explique que le personnel s'est barricadé au premier étage, en attendant que la situation se calme.

"Ca a été monstrueux"

"Sauf qu'ils sont rentrés dans le restaurant, ils ont cassé toutes les vitrines, on les entendait saccager tout ce qu'il y avait dans la cuisine, les assiettes, les verres, vider les frigos. Ca a été monstrueux", raconte-t-il à BFMTV.

Plusieurs vidéos filmées à l'intérieur de l'Arc de Triomphe samedi soir mais aussi devant la boutique Zadig et Voltaire près des Champs-Elysées montrent des casseurs en train de briser des vitrines et de forcer des portes pour s'emparer des moindre biens, avant de ressortir les bras chargés.
Adrienne Sigel