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A Paris, un bidonville à deux pas de Montmartre

En plein Paris, sous le métro aérien, des centaines de migrants vivent depuis plusieurs mois dans un campement improvisé, dans l'insalubrité la plus totale. Face au problème, le maire du Xe arrondissement a demandé l'évacuation des migrants.

En toile de fond, le Sacré Coeur, l'un des lieux les plus touristiques de la capitale. Mais à quelques centaines de mètres de Montmartre, sous le métro aérien, loin de la foule des touristes, Paris offre un visage très différent.

Tentes sous le métro

Sur une longue partie du boulevard de la Chapelle, en plein Xe arrondissement, un vaste camp de migrants, où les tentes -150 au total, mises à disposition par des associations- s'alignent à perte de vue, s'est installé. Comme Mohammed, des centaines de migrants s'entassent dans ce qui est devenu un véritable bidonville.

Cet Algérien de 22 ans rencontré par BFMTV explique habiter sous ces tentes depuis deux mois. Mohammed rêve de rejoindre Berlin pour y trouver du travail. "Je suis en Europe pour trouver du travail. Parce qu’en Algérie, il n’y a rien. Pas de travail, pas de RSA, il n’y a rien. Et en France, sans papiers, on ne peut pas travailler", raconte-t-il.

Misère et insalubrité

Sa tente, Mohammed, a dû la payer 10 euros à l'ancien occupant, pour avoir le droit d'y dormir. Généralement, les migrants dorment à trois ou quatre dans ces tentes, dans la misère la plus totale.

Malgré les toilettes chimiques installés par la mairie, l'insalubrité règne sur le camp. "Ils vivent dans la saleté, il y a des maladies, beaucoup de choses. C'est triste, j'ai aussi vu des mamans avec leurs bébés", témoigne Aïcha, une habitante du quartier. 

Les autorités veulent un démantèlement

Pour beaucoup de ces migrants, le boulevard de la Chapelle n’est qu’une étape avant la Grande-Bretagne. D’autres espèrent obtenir l’asile en France. En 2014, 28% ont reçu une réponse favorable. Mais les délais sont longs et le campement ne cesse de s’agrandir depuis juillet dernier.

Le maire socialiste du Xe arrondissement de Paris, Rémi Féraud, a demandé, samedi, sur Twitter, l’évacuation des migrants. 

"Il ne faut plus tarder aujourd'hui pour mettre en oeuvre l'évacuation du campement. Il faut être pragmatique et permettre une évacuation digne, prévoir l'hébergement de tous ceux qui sont présents dans ce camp", fait-il valoir au micro de BFMTV. L'évacuation du campement pourrait avoir lieu dès le mois de juin.

A.S. avec Thomas Cruse, Océane Goanec et Elisa Trannin