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A Marseille, Aides lance sa campagne pour la légalisation de toutes les drogues

Immersion dans un monde où l’usage de la drogue est encadré

Immersion dans un monde où l’usage de la drogue est encadré - DR Aides

L'association Aides a lancé, ce mardi, une nouvelle campagne choc pour demander la légalisation de toutes les drogues et leur encadrement.

De la farine, du sucre et des Carambar. Ce mardi, l'association Aides, aidée de quatre autres collectifs (le Tipi, le bus 31/32, Plus belle la nuit et ASUD), a lancé sa campagne pour la légalisation de toutes les drogues. Le temps d'une journée, les militants ont ouvert une "droguerie", lieu de prévention, d'achat et de consommation de drogues, boulevard Lonchamps à Marseille.

Sur des pochons, les étiquettes "Héroïne", "MDMA" ou encore "LSD", avec des prix, avaient été collées. Un peu plus loin, dans des bols, des Carambar symbolisaient des barrettes de résine de cannabis. Avec cette mise en scène, l'association entend peser dans le débat de la présidentielle et alerter sur le tout-répressif qui prédomine dans la loi française.

"Réduire les hépatites et le VIH"

"L'idée c'était de proposer une façon de réduire drastiquement les cas d'hépatites et de VIH. Et cette question, pourtant de santé publique, est absente du débat présidentiel, explique à BFMTV.com, Caroline Izambert, responsable plaidoyer à Aides. Après de nombreuses discussions, la réponse rationnelle que l'on a trouvée, c'est de demander la légalisation de toutes les drogues."

Pour ce faire, l'association réclame l'abrogation de la loi du 31 décembre 1970 qui encadre l'interdiction d'usage de drogues en France. Puis, pour éviter toutes dérives, Aides propose un meilleur encadrement pour les consommateurs. En d'autres termes, "il y aura un contrôle de la qualité sur le même modèle que l'alcool."

Non loin des pochons de farines et de sucre, les militants avaient installé une salle de "santé sexuelle". Là, les personnes le désirant pouvaient recevoir des conseils pour éviter des MST, mais aussi se faire dépister pour le VIH.

Une politique tournée vers le soin

"Il faut bien comprendre que notre idée derrière cette action c'est bien de faire de la prévention pour accompagner les consommateurs. Soit dans une sortie de consommation de drogues, soit dans un accompagnement de leur consommation", continue Caroline Izambert.

Avec cette "droguerie", l'association voulait aussi montrer qu'une "autre politique" est possible. Plus tournée vers le soin et l'accompagnement que vers la répression, explique Aides. 

Aussi, l'organisation demande un accès facilité pour l'échange des seringues usagées; la généralisation de l'accompagnement à l'injection; une meilleure accessibilité aux traitements de substitution à l'héroïne mais aussi la fin des sanctions sur les événements festifs.

"Pas d'augmentation des utilisateurs"

Quant aux critiques sur une augmentation de la consommation de drogues, notamment chez les plus jeunes, l'association se défend de tout angélisme.

"Quand on encadre la consommation de drogues, il n'y a pas d'augmentation d'utilisateurs. Nous on veut ouvrir des lieu de santé, de prévention, pour réduire au maximum les risques".

L'association a déjà fait parler d'elle en novembre dernier avec le lancement d'une campagne sur les personnes séropositives. Sur des clichés en noir et blanc, des couples hétéros et homos, nus, faisant du sport. "Les séropositifs sous traitement ont beaucoup de choses à nous transmettre. Mais pas le virus du sida", indiquait le slogan.

Elodie Hervé