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3700 écoliers de moins à Paris cette année

La rentrée dans une école élémentaire de Montpellier le 1er septembre 2020 (photo d'illustration)

La rentrée dans une école élémentaire de Montpellier le 1er septembre 2020 (photo d'illustration) - Pascal Guyot-AFP

Paris perd des écoliers. Cette année, la baisse est même inédite.

La capitale compte 3723 écoliers de moins que l'année dernière dans ses écoles primaires publiques, ce qui représente une perte de 3% des effectifs. Si cette baisse est constante depuis dix ans - en moyenne deux à trois milliers d'enfants scolarisés dans le premier degré en moins à chaque rentrée - elle a été un peu plus importante pour la rentrée 2020-2021, indique à BFMTV.com le rectorat de Paris. Au total, les écoles maternelles et élémentaires de la capitale accueillent ainsi 118.692 élèves.

Ce qui ne s'est pour autant pas traduit par des fermetures de classe, précise-t-on.

"Les élèves bénéficient d'un meilleur accompagnement, car s'il y a moins d'élèves, les moyens restent les mêmes."

Avec en moyenne 21,2 élèves par enseignant au primaire, contre 23,4 il y a trois ans.

Cette baisse touche le nord-est et le centre de Paris

Dans le détail, cette baisse touche davantage les arrondissements du nord-est et du centre. "Avec la hausse des loyers, les actifs avec enfants ont davantage tendance qu'avant à partir en banlieue, voire un peu plus loin. Et le phénomène s'est précipité cette année avec la crise sanitaire", ajoute-t-on.

Baisse dans le privé

Dans les établissements privés parisiens, la tendance est la même. Cette année, ils sont 258 élèves du premier degré en moins dans les salles de classe. "Ce qui représente une baisse de 0,8%", assure à BFMTV.com Étienne Tercinier, responsable des ressources humaines de l'enseignement catholique de Paris. À titre d'information, les écoles maternelles et élementaires du secteur privé comptent au total quelque 28.109 enfants.

"C'est la première fois que nous connaissons une baisse même si on sentait venir cette tendance. Avant, on gagnait 300 élèves par an. Mais ces dernières années, on n'en gagnait plus que 50."

Dans le second degré aussi la tendance est similaire. "Cette année, nous n'avons gagné que 31 élèves", poursuit Étienne Tercinier, également en charge des statistiques au diocèse de Paris. Pourtant, en vingt ans, premier et second degrés confondus, les établissement du privé avaient enregistré 10.000 élèves supplémentaires.

"Le confinement a accéléré les choses. Des familles se sont rendues compte qu'elles pouvaient continuer à travailler sans habiter Paris et se sont installées dans la grande couronne, voire en province, et ne viennent plus à Paris qu'un jour ou deux par semaine. Ce qui explique aussi le phénomène, c'est que les parents de jeunes enfants sont plus mobiles que ceux avec des adolescents scolarisés au collège ou au lycée, avec moins d'attrait pour la vie à la campagne et l'enjeu des études supérieures."

Du point de vue national, le nombre d'élèves scolarisés dans le premier degré, public et privé confondus, est en baisse depuis quatre ans, selon les statistiques du ministère de l'Éducation nationale. De 6.806.400 élèves au primaire en 2016, la France compte désormais 6.703.750 enfants dans les écoles maternelle et élémentaire. Soit un peu plus de 100.000 élèves en moins dans les classes, ce qui représente une diminution de 1,5%. Cela qui correspond à la baisse de la natalité. Depuis 2015, le nombre de naissances diminue chaque année, comme le rappelle l'Insee.

https://twitter.com/chussonnois Céline Hussonnois-Alaya Journaliste BFMTV