BFMTV

Une gigantesque aire marine protégée bientôt créée en Antarctique

La communauté internationale s'est entendue, après plusieurs années de tractations, sur la création d'un sanctuaire marin en Antarctique. Il sera le plus vaste du monde.

Les discussions duraient depuis plusieurs années. Elles viennent enfin d'aboutir. Les vingt-cinq membres (vingt-quatre Etats, auxquels s'est ajoutée l'Union européenne) de la Commission pour la conservation de la faune et de la flore marines de l'Antarctique, présents à sa réunion annuelle qui se tenait cette fois-ci à Hobart sur l'île de Tasmanie (Australie), ont conclu un accord historique. Ils ont décidé la création prochaine d'un sanctuaire marin, ou plutôt d'une aire marine protégée, dans la mer de Ross. Cette résolution était portée par les Etats-Unis et la Nouvelle-Zélande qui a l'autorité sur cette région australe. 

Le ministre des Affaires étrangères de ce pays, Murray McCully, s'est d'ailleurs réjoui de la tournure des événements, arguant: "L’accord final tient en équilibre la protection marine, la pêche durable et les intérêts scientifiques".

La question de la pêche

Et c'est bien sur le chapitre de la pêche que les discussions achoppaient jusqu'à présent, notamment depuis que la Chine avait rejoint le camp des signataires en puissance l'an passé. Seule, depuis ce ralliement, la Russie continuait de s'opposer à ce plan au nom justement de ses intérêts dans le secteur de la pêche. Finalement, la zone protégée concernera 1,55 million de kilomètres carrés (une superficie qui en fait la zone préservée la plus vaste du monde), dont 1,12 million seront interdits à la pêche. 

Si ce statut d'aire marine protégée a été ainsi fixé à la mer de Ross, c'est pour son immense importance écologique, comme le souligne Le Parisien. Il s'agit du dernier écosystème intact de la planète, dans la mesure où il est indemne de la pollution, et n'est pas non plus victime de la surpêche ou des espèces invasives. 

Un accord valable pour trente-cinq ans

La création d'une aire marine protégée vise à sanctuariser les ressources naturelles des lieux concernés, et à préserver les espèces qui y vivent. Et la mer de Ross a quelques arguments à faire valoir en ce sens, elle qui concentre 10.000 espèces uniques dont 40% de la population mondiale de manchots Adélie, note Sciences et avenir

L'accord est valable pour les trente-cinq prochaines années. 

R.V.