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Une espèce de plante sur cinq menacée de disparaître de la surface de la planète

La serre tropicale des Jardins botaniques royaux de Kew au Royaume-Uni.

La serre tropicale des Jardins botaniques royaux de Kew au Royaume-Uni. - DANIEL LEAL-OLIVAS - AFP

Plus de 20% des espèces végétales de la planète seraient menacées. Leur extinction poserait de graves problèmes d'alimentation et de médication à l'humanité.

C’est le chiffre le plus éloquent d’un rapport qui en regorge: plus de 20% des espèces végétales dans le monde sont menacées d’extinction. Cette statistique accablante est issue du "State of the World’s Plants", ou "rapport sur l’état du monde végétal", cité ici par le Guardian, rédigé par une équipe de scientifiques des Jardins botaniques royaux de Kew, dans la banlieue de Londres.

Mauvaises perspectives pour l'alimentation et la médecine humaines

Cette analyse, la première du genre mais qui est appelée à devenir annuelle, établit que parmi les 390.000 espèces végétales connues sur la planète, 31.000 sont utilisées par l’Homme. 57% de ces dernières servent à concevoir des médicaments et 5.500 végétaux nourrissent les êtres humains. Voir un cinquième du total des plantes menacé de disparaître c’est donc voir planer un grand péril sur l’alimentation humaine et la capacité de soigner.

Les raisons présidant à la destruction des végétaux sont multiples. Le rapport liste ainsi la destruction de leur habitat naturel par les grandes exploitations (31%), la déforestation (21%) et la construction de nouveau bâti (13%). Ramenée à ces chiffres, finalement, l’influence du réchauffement climatique sur la triste situation des plantes semble réduite à la portion congrue: 4%. Mais cette part est appelée à grandir. Le professeur Kathy Willis, scientifique rattachée au Jardins botaniques royaux de Kew qui a dirigé le rapport, explique: "On ne verra pas vraiment l’impact complet du changement climatique avant 30 ans vu que les plantes, et tout particulièrement les arbres, sont lentes à produire les générations qui les suivent." 

Le café, les bananes et les aubergines sont déjà au plus mal

De nombreux éléments de notre alimentation courante sont déjà frappés de plein fouet par les risques de raréfaction, voire de disparition. La production du café, par exemple, est de plus en plus pénible car la hausse des températures empêche ses graines de pousser et accroît les maladies dans des pays essentiels dans ce marché comme l’Ethiopie.

D’autres fruits ou légumes ont perdu, avec le temps et les cultures, les gènes spécifiques qui les protégeaient des maladies comme des variations de température. C’est le cas de produits aussi communs que la banane ou l’aubergine. "La diversité génétique de la nourriture devient actuellement de plus en plus pauvre", complète le professeur Kathy Willis.

En conséquence, il devient urgent de trouver et de conserver des espèces sauvages aux vertus équivalentes à ces produits bien connus de l’estomac humain. Ça tombe bien, et c’est la bonne nouvelle de ce rapport: la communauté scientifique découvre de nouvelles plantes chaque année. Rien qu'en 2015, 2.034 nouvelles espèces ont été identifiées, dont un rossolis mangeur d’insectes, une variété inconnue de patate douce, de pomme cannelle et de ylang-ylang. "Il y a d’immenses espaces dans le monde où nous ne savons pas ce qui y pousse. C’est là-bas que se trouve peut-être l’avenir de l’alimentation", espère Kathy Willis.

R.V