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Un robot autonome capable de recoudre les intestins mis au point

Un chirurgien programme le robot STAR.

Un chirurgien programme le robot STAR. - Capture d'écran Youtube

Le robot STAR doit encore être testé sur les êtres humains.

Et si un robot autonome se substituait aux chirurgiens lors d’opérations médicales complexes? On n’en est pas tout à fait là. Mais cette idée n’est plus si farfelue au vu des conclusions d’un article publié par des chercheurs dans la revue scientifique américaine Science Translational Medicine, cité par Le Parisien.

"Smart Tissue Autonomous Robot" (formant l’acronyme Star), c'est son nom, vient d’établir, durant une batterie d’expériences, de meilleures performances que les chirurgiens et qu’un outil robotique manuel déjà présent sur le marché de la santé. Il s’agissait de recoudre entre elles deux parties de l’intestin d’un porc.

Ce test a été réédité à plusieurs reprises, donnant à chaque fois le même résultat. Tous les animaux sont ressortis du bloc vivants, et sans souffrir de complications. Car tel est l’objectif: éviter, grâce à une précision accrue, les fuites liquides ou des blocages, consécutifs aux opérations portant sur les tissus mous, réputés imprévisibles.

"Un peu comme un régulateur de vitesse"

L’engin, muni d’un bras télémanipulateur que le chirurgien programme au préalable, d’instruments chirurgicaux ainsi que d’un système d’imagerie intelligente et de marqueurs fluorescents, peut se déplacer aisément et s’adapter aux difficultés présentées par les organes. Le robot excelle ainsi à mener à bien les sutures les plus délicates.

Pour autant, on assure qu’il n’est pas question de voir un robot, même autonome, remplacer intégralement le praticien: "C'est un peu comme le régulateur de vitesse d'une voiture ou des systèmes autonomes arrêtant le véhicule devant un obstacle: ils permettent de réduire le nombre d'accidents et de morts", explique le docteur Peter Kim, professeur de chirurgie à la faculté de médecine de l’université George Washington, à Washington, D.C. aux Etats-Unis, et qui a participé à la mise au point de ce nouvel outil.

45 millions de patients sont concernés aux Etats-Unis

Pour le moment, Star est toujours en attente d’être testé sur le corps humain et, en admettant que tout se passe bien, il faudra encore plusieurs années pour que l’Agence américaine du médicament (Food and drug administration ou FDA) décide de sa commercialisation. Mais la communauté scientifique compte beaucoup sur le robot.

Il pourrait être utilisé dans des interventions appelées "entéro-anastomoses" qui surviennent pour extraire certaines tumeurs cancéreuses ou régler un problème d’occlusion. Ces opérations concernent 45 millions de patients aux Etats-Unis chaque année et 30% de ces entero-anastomoses sont suivies de complications.

R.V