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Les Egyptiens fabriquaient des prothèses orthopédiques sophistiquées il y a 3.000 ans

Musée égyptien du Caire où la prothèse est conservée.

Musée égyptien du Caire où la prothèse est conservée. - Bs0u10e01 via Wikimedia Creative Commons.

Une équipe de scientifiques venus de divers horizons a analysé une prothèse en bois découverte au pied droit d'un squelette. L'accessoire, vieux de 3.000 ans, impressionne par sa qualité mécanique et esthétique.

En 2000, on a découvert un curieux accessoire au fond d'une galerie funéraire de la Vallée des nobles (qui s'étend entre la Vallée des rois et celle des reines, sur un site aujourd'hui appelé Cheikh Abd Al-Gournah), une nécropole de l'ancienne ville égyptienne de Thèbes. Au bout du pied droit d'un squelette était toujours accrochée une prothèse servant à remplacer le gros orteil, à l'évidence amputé au préalable. Les os étaient ceux d'une femme et le lieu de son inhumation indique qu'il s'agissait de la fille d'un prêtre. La datation, quant à elle, a mis au jour l'ancienneté de la prothèse, très bien conservée: 3.000 ans.

Quatre matériaux distincts 

Pendant une quinzaine d'années, cette pièce insolite a repris son sommeil de trois millénaires entre les murs du musée égyptien du Caire. Mais une équipe de chercheurs et d'égyptologues des universités de Bâle, de Zurich, ou affiliés au musée égyptien du Caire se sont penchés récemment sur l'objet pour une étude qui n'a pas encore été publiée mais dont CNN a déjà recueilli quelques échos. Ces scientifiques ont employé des rayons X, la technique de la tomographie (utilisée notamment dans l'imagerie médicale), et celle de la microscopie. 

"En utilisant un moyen sophistiqué pour fixer les parties individuelles ensemble, le membre artificiel a acquis un équilibre et permettait, dans une certaine mesure, une liberté de mouvement", a détaillé Andrea Loprieno-Gnirs, de l'université de Bâle, qui a participé aux recherches. Les experts ont relevé la présence de quatre matériaux distincts dans cette prothèse, dont l'âge et le perfectionnement font une pièce unique. Parmi ces matériaux, il y avait du bois dur, et l'accessoire s'attachait au pied par des fibres végétales singulièrement résistantes. Et visiblement, la prothèse a bien vécu car les savants ont repéré des traces de réparations. 

Robin Verner