BFMTV

Le chewing-gum, une menace sous-estimée pour la planète

Le chewing-gum serait le deuxième déchet le plus produit sur la planète, après les mégots de cigarette.

Le chewing-gum serait le deuxième déchet le plus produit sur la planète, après les mégots de cigarette. - Flickr - cc

Un réalisateur canadien s’intéresse dans un documentaire au chewing-gum et à ses conséquences sur l’environnement, notamment sur la pollution des rivières. 

Il faut cinq ans pour qu’un chewing gum se dégrade. Collés sur les trottoirs ou abandonnés dans la nature, les chewing-gums polluent notre environnement. Mais derrière ces effets visibles, le chewing-gum produirait d’autres pollutions plus cachées.

C’est en tout cas ce que pense l’auteur du documentaire "Dark Side of the Chew", la "Face cachée du chewing-gum". Andrew Nisker qui présentera son film au Festival international du film d’environnement à Paris le 6 février explique à 20minutes.fr qu’il s’agit du "second déchet le plus produit sur la planète, après les mégots".

Produits chimiques et dérivés du pétrole

"La plupart des gens auxquels j’ai parlé n’avaient pas conscience que nous mâchons du pétrole", raconte le réalisateur. La consommation de chewing-gum remonte très loin dans l’Histoire, les Grecs dans l’Antiquité mâchaient déjà de la gomme naturelle, mais l’époque moderne a peu à peu remplacé les ingrédients naturels par des produits chimiques et des dérivés du pétrole.

"Comme ils ne sont pas biodégradables, ils polluent durablement les cours d’eau", déplore Andrew Nisker. Le réalisateur estime qu’à Toronto, par exemple, 700 millions de chewing-gums sont écrasés sur les trottoirs. Pour les nettoyer, les agents des villes utilisent de l’eau sous pression qui s’évacue ensuite dans les égouts, et à terme dans les rivières.

Un coût économique pour les villes

Le réalisateur met aussi en avant l’impact économique des chewing-gums pour les villes. "Rien que pour le quartier d’Oxford Street à Londres, cela coûte un million de livres par an (environ 1,4 million d’euros)". Le coût s'explique aussi car il n'existe pas de méthode totalement efficace et qu'il faut sans cesse recommencer. Dans plusieurs villes, notamment à Londres, la police peut verbaliser tout personne crachant son chewing-gum par terre. Mais le réalisateur du documentaire reste sceptique sur l'efficacité de ces interdictions, et préfère plaider pour le retour d'une fabrication de chewing-gums naturels. "Il faudrait faire pression sur les fabricants" estime-t-il.

C. B