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L'orgasme féminin, un mystère de l'évolution enfin résolu

Au lit. (illustration)

Au lit. (illustration) - Robert Alvarez - flickr - CC

A quoi sert l'orgasme féminin? La question, qui paraît incongrue, passionne les biologistes depuis toujours. La théorie de l'évolution est mise à contribution par deux chercheurs qui affirment avoir trouvé une réponse.

L'orgasme des femmes n'est pas qu'un mystère pour certains de leurs partenaires sexuels. Les biologistes se posent depuis toujours la question de son utilité du point de vue de la perpétuation de l'espèce. Deux scientifiques pensent avoir trouvé la réponse dans la théorie de l'évolution dont Darwin avait posé les fondements. Ainsi l'orgasme, comme il coïncide chez le mâle avec l'éjaculation, permettait de déclencher l'ovulation chez la femelle de nos lointains, lointains, ancêtres. 

L'hypothèse est corroborée selon Alison Richard, de l'université de Yale et Mihaela Pavličev, de l'hôpital pour enfants de Cincinnati, auteurs de cette étude, par l'observation des anatomies d'autres mammifères. Les deux scientifiques ont publié lundi dans la revue JEZ-Molecular and Developmental Evolution, un article remarqué sur le sujet

Un pied pour marcher, un nez pour sentir, des yeux pour voir... la fonction des organes ne laisse guère de doute. Mais hors de l'hypothèse où le plaisir est perçu comme une finalité qui se suffit à elle-même, l'orgasme féminin ne détermine, contrairement au masculin, aucune fonction reproductive. Les femmes ont un cycle menstruel qui, comme chez d'autres mammifères, n'est en rien corrélé avec leur plaisir.

Un orgasme remontant à 150 millions d'années

Selon les deux chercheurs, la réponse à l'énigme se trouve dans notre évolution. Autrefois, c'est-à-dire il y a 150 millions d'années, le coït déclenchait l'ovulation des premiers mammifères. D'autres exemples actuels dans la nature pourraient-ils confirmer cette conjecture?

"En ce qui concerne les orgasmes, nous (les chercheurs en général, ndlr) les avons réservés aux humains et aux primates. Nous n'avons regardé ce qui se passaient chez d'autres espèces et creusé pour en trouver l'origine", explique au New York Times Mihaela Pavličev.

Pour les chercheurs, la réponse se trouve dans l'évolution, mais en allant chercher encore plus loin que dans la sexualité de nos plus proches "cousins". 

La place du clitoris symptomatique du mode d'ovulation

Chez de nombreux mammifères, l'ovulation est encore commandée par la libération, comme chez la femme, de prolactine et d'ocytocine. Le processus se retrouve chez des espèces comme le chat, le lapin ou le chameau. Chez ces mammifères le clitoris est placé, comme il l'était chez nos lointains ancêtres, à l'intérieur du vagin.

L'orgasme, une contraction des muscles accompagnée d'une libération d'hormones (prolactine et ocytocine) permettait à l'œuf d'être fécondé au moment opportun, donnant un avantage comparatif à l'espèce dont la reproduction était ainsi optimisée. Chez les espèces à ovulation cycliques, observent les chercheurs, le clitoris est davantage excentré.

Pour les chercheurs l'orgasme féminin est donc une réminiscence évolutive. Mais ils n'excluent cependant pas que l'orgasme ait d'autres fonctions.

"Il y a beaucoup de débats pour savoir si l'orgasme féminin peut avoir d'autres fonctions, comme le fait de favoriser une liaison affective, donc nous ne pouvons pas exclure que cette évolution ait laissé émerger d'autres fonctions après la perte de la fonction de reproduction", précise au journal britannique The Guardian Mihaela Pavličev.

D. N.