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Vitamine D chez les enfants: attention au surdosage avec les compléments alimentaires

Les compléments alimentaires peuvent présenter des dosages en vitamine D particulièrement élevés et le niveau d'exigence concernant le détail de leurs ingrédients est moindre que pour des médicaments.

"Des cas de surdosage à la vitamine D ont récemment été rapportés chez des jeunes enfants", a rapporté l'Agence du médicament (ANSM) ce mercredi. Aux côtés des sociétés savantes de pédiatrie, du Collège national des sages-femmes, des Centres antipoison et de l’Anses, elle alerte "sur le risque de surdosage associé à l’administration de compléments alimentaires à base de vitamine D chez des enfants, et notamment des nourrissons".

"Des cas de surdosage à la vitamine D ont récemment été rapportés chez des jeunes enfants suite à la prise de compléments alimentaires enrichis en vitamine D", parfois "nécessitant des hospitalisations chez des nourrissons auparavant en bonne santé", explique le communiqué.

"Éviter cette forme d'auto-médication"

Ces cas se manifestent par une hypercalcémie (taux excessif de calcium dans le sang) qui peut avoir des conséquences graves, telles qu'une atteinte rénale due au dépôt de calcium dans le rein, souligne-t-elle.

Conseillant "d'éviter cette forme d'auto-médication", Roland Sicarde, directeur de l'Institut de cancérologie sainte Catherine, appelle sur BFMTV à ne pas "se sur-suppléer en vitamine D ou prendre du paracétamol en excès sans en parler avec son médecin".

"Les Français (...) n'hésitent pas à s'automédiquer ou à s'ajouter des doses", souligne le médecin, qui rappelle les risque que cela "se termine en 'événements indésirables', qui peuvent être très graves, être facteurs d'hospitalisaion en urgence", voire de décès.

"Pour prévenir ce risque", l'autorité sanitaire demande "aux professionnels de santé et aux parents de privilégier les médicaments" (Adrigyl, Deltius ou ZymaD) "par rapport aux compléments alimentaires", de "contrôler les doses administrées" en vérifiant le nombre de gouttes avalées, et de "ne pas multiplier les produits contenant de la vitamine D".

"Administrer à son enfant trop de vitamine D peut être aussi dangereux que de ne pas en administrer assez"

En effet, les compléments alimentaires, parfois préférés en raison des conservateurs ou huiles essentielles que les médicaments peuvent contenir, peuvent présenter des dosages en vitamine D particulièrement élevés (jusqu'à 10.000 unités internationales - ou UI - par goutte) et le "niveau d'exigence" concernant leurs ingrédients et leur fabrication est moindre que pour des médicaments.

La supplémentation en vitamine D est recommandée en France "dès les premiers jours de vie" et "pendant toute la phase de croissance et de minéralisation osseuse, c'est-à-dire jusqu'à 18 ans", afin de prévenir le rachitisme, rappelle également l'ANSM. "Administrer à son enfant trop de vitamine D peut être aussi dangereux que de ne pas en administrer assez".

Une mise à jour des recommandations nationales concernant les doses de vitamine D destinées aux enfants est actuellement en cours. Celles-ci s'aligneront sur les recommandations européennes, à savoir 400 UI par jour de 0 à 18 ans chez l'enfant en bonne santé sans facteur de risque, et 800 UI par jour de 0 à 18 ans chez l'enfant présentant un facteur de risque, ajoute l'agence sanitaire.

Salomé Vincendon avec AFP