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Variant Delta : Olivier Véran craint "plus de 20.000 cas par jour début août"

Olivier Véran en déplacement dans un centre de vaccination dans l'Essonne, le 24 avril 2021

Olivier Véran en déplacement dans un centre de vaccination dans l'Essonne, le 24 avril 2021 - Raphael Lafargue / POOL / AFP

Le ministre de la Santé est revenu sur la propagation du variant sur le territoire, et sur le risque d'une quatrième vague épidémique dès cet été.

Les hospitalisations ont arrêté de baisser et l'épidémie repart. Olivier Véran a encore une fois tiré la sonnette d'alarme au sujet de la situation épidémique, cette fois-ci au micro de Radio J ce dimanche. Avec la tendance de propagation du variant Delta qui est devenu majoritaire sur le territoire, le ministre craint pour les semaines qui arrivent:

"Avec la tendance épidémique de ce variant Delta, qui est beaucoup plus contagieux que le Covid-19 auquel nous avions affaire l'été dernier, les 3000 cas pourraient devenir 6000 cas dans une semaine, 12.000 cas dans quinze jours, et monter au-dessus de 20.000 cas, voire plus, début août si nous n'agissons pas", s'alarme le ministre de la Santé.

Olivier Véran s'appuie sur la situation épidémique de nos voisins européens pour expliquer ce qui pourrait bien arriver sur le territoire français d'ici quelques semaines. La Grande Bretagne par exemple, qui connaît un nouveau rebond épidémique pourrait selon Olivier Véran être un assez bon indicateur: "Nous avons quatre semaines environ de décalage avec l'Angleterre, ce qui nous permet de savoir ce qui peut arriver".

"Ennemi nouveau"

Pour Olivier Véran, le variant Delta représente un "ennemi nouveau", par sa contagiosité bien plus importante que les souches précédemment observées. Selon le ministre "nous sommes au départ" de quelque chose qui ressemble à une nouvelle vague épidémique, mais la pression hospitalière pourrait encore être évitée grâce à la vaccination.

Selon Olivier Véran, des modélisations de l'Institut Pasteur "montrent que même si on arrivait à baisser de 15 ou 20% la dynamique épidémique actuelle, nous pourrions repousser une vague hospitalière, l'amoindrir et sauver de nombreuses vies".

"Si nous n'avions pas de vaccin et si le monde faisait face à une vague du variant Delta avec sa contagiosité actuelle, nous ferions face à une vague beaucoup plus importante que la première", au printemps 2020, selon Olivier Véran, qui estime que la vaccination préserve d'un "raz-de-marée épidémique" à l'échelle mondiale.

À quelques heures d'un conseil de défense sanitaire et d'une intervention du président de la République Emmanuel Macron devant les Français, la vaccination obligatoire pour les soignants "est une piste de réflexion" pour intensifier la campagne selon Olivier Véran, qui n'est néanmoins "pas favorable" à l'obligation vaccination pour tous les Français dès 12 ans, comme le voudrait l'Académie de médecine.

Louis Augry