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Vaccin anti-Covid: prudent, Véran promet de "consulter" les citoyens "à toutes les étapes"

Le ministre de la Santé Olivier Véran le 5 novembre 2020 à Paris

Le ministre de la Santé Olivier Véran le 5 novembre 2020 à Paris - STEPHANE DE SAKUTIN © 2019 AFP

Dans une interview accordée au groupe Ebra, le ministre de la Santé assure qu'une campagne de vaccination ne pourra se faire que si le vaccin est sans danger pour la population.

Optimiste, mais prudent. Alors que la course au vaccin contre le Covid-19 s'accélère, Olivier Véran est revenu dans un entretien accordé aux journaux régionaux du groupe Ebra sur le sérum actuellement mis au point par le laboratoire américain Pfizer et la société allemande BioNTech.

"Cela peut être une très bonne nouvelle, mais il ne faut pas s'emballer", prévient le ministre de la Santé qui rappelle qu'il ne s'agit là que de "données intermédiaires d'études cliniques" communiquées par le groupe américain aux autorités européennes et américaines chargées d'évaluer et d'homologuer les médicaments avant leurs mises sur le marché.

Si ces agences ne disposent pas encore de l'ensemble des données de la phase 3 (lorsque le candidat-vaccin est testé en essai clinique auprès d'un nombre conséquent de volontaires), le groupe pharmaceutique a d'ores et déjà affirmé la semaine dernière que son produit était "efficace à 90%".

Des promesses et des inconnues

Une annonce plus qu'attendue alors que la pandémie de Covid-19 frappe de nouveau de plein fouet plusieurs pays du globe. Mais Olivier Véran met en garde sur une commercialisation précipitée du produit, qui se doit d'être sans risque pour la population. "Nous devrons (être) attentifs à d'autres paramètres", prévient-il:

"Les gens qui ont reçu le vaccin ont-ils plus d'effets indésirables que ceux qui ont reçu le placebo? De quelle nature sont ces effets secondaires ? Sont-ils bénins ou graves? (...) Parmi ceux qui ont été vaccinés et qui ont quand même développé le Covid: ont-ils développé des formes plus bénignes ou plus graves de la maladie?", se demande le ministre de la Santé.

Autant de questions auxquelles devront répondre les deux laboratoires pharmaceutiques pour que leur sérum soit autorisé ou non en France. Le ministre s'interroge également sur la logistique autour de la commercialisation d'un tel vaccin: le produit de Pfizer doit en effet être conservé à à très basse température (-80 degrés) avant injection.

De plus, la distribution de ce vaccin - s'il est validé par les autorités sanitaires - devra se faire à l'échelle mondiale, "et la demande est telle que nous aurons des doses progressivement, sur plusieurs mois", anticipe Olivier Véran.

Convaincre au lieu de contraindre

Dans l'attente de nouvelles données, le ministre de la Santé indique que la Haute autorité de santé travaille sur les différents types de population qui seront vaccinés en premier, une garantie de protéger en premier les personnes à risque.

Des étapes préliminaires indispensables pour rassurer les Français et les convaincre de se faire vacciner alors que la défiance de la population est importante - selon un récent sondage Ipsos, les Français sont les plus réticents à l'idée de se faire vacciner dans les prochains mois.

"Je veillerai à ce que les citoyens soient consultés à toutes les étapes, pour créer les conditions de la confiance", promet le ministre qui conclue en assurant que "la campagne de vaccination ne commencera que quand nous aurons toutes les garanties de vacciner en toute sécurité la population".
Hugues Garnier Journaliste BFMTV