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Une lueur d'espoir pour les malades d'Alzheimer

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Le professeur Baulieu, père de la DHEA, a découvert une protéine susceptible de faire reculer la maladie d'Alzheimer. Mais les spécialistes appellent à la prudence.

Peut-être un espoir de traitement pour les malades d'Alzheimer. Ils sont 25 millions dans le monde être touchés par cette maladie neuro-dégénérative, dont plus de 800 000 en France. Mondialement connu pour avoir découvert la DHEA, dite "hormone de jouvence", le professeur en médecine français Etienne-Emile Baulieu et son équipe sont sur une piste : la protéine Tau, à l'origine de la maladie, pourrait être bloquée par une autre protéine, présente elle aussi dans le cerveau. Ils espèrent ainsi trouver d'ici trois ans les moyens d'enrayer le vieillissement du cerveau.

« Pas de réponse avant de nombreuses années »

Face à cette découverte, les spécialistes appellent à la prudence. Il faut en effet attendre les premiers résultats des essais cliniques prévus d'ici deux à trois ans. « Une voie de recherche intéressante, reconnaît le professeur Bruno Dubois, neurologue à la Pitié-Salpêtrière à Paris, avant de souligner : le problème, c'est que maintenant il va falloir rentrer dans le développement d'une thérapeutique. Ça va prendre du temps et on n'est jamais sûr qu'à l'arrivée, il y a un résultat. Il faut suivre ça de près, mais on n'aura pas la réponse avant de nombreuses années. »

« Donner de l'espoir comme ça, c'est pas correct »

Jacques Touchon, professeur de neurologie au CHU de Bordeaux et vice-président du conseil scientifique de France Alzheimer, semble plus que sceptique quand au fait que cette découverte du professeur Baulieu ouvre la voie à un traitement contre la maladie : « On n'en sait absolument rien. Des découvertes de ce type-là, on en a des dizaines chaque année. Entre une découverte en laboratoire et l'expérimentation animale, il y a déjà un grand pas. Et entre l'expérimentation animale et l'essai thérapeutique chez le patient, il y a encore un grand pas. Et donc, donner de l'espoir comme ça, à des patients qui sont en souffrance, ça ne me paraît pas tout à fait correct. Je trouve qu'il vaut mieux être prudent et respectueux de la souffrance et de l'angoisse des patients. »

La rédaction, avec Thibault Delachaux