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Une centaine d'effets indésirables en lien avec des médicaments contre le Covid-19, dont la chloroquine

L'ANSM a mis en place une numéro vert.

L'ANSM a mis en place une numéro vert. - ALAIN JOCARD / AFP

L'Agence nationale de sécurité du médicament dévoile une étude ce vendredi montrant des effets indésirables, certains allant jusqu'à la mort, déclarés en lien avec des médicaments utilisés chez des patients infectés par le coronavirus. Parmi eux, l'hydroxychloroquine.

Une étude publiée ce vendredi après-midi par l'Agence nationale de sécurité du médicament dévoile "qu'une centaine de cas d’effets indésirables ont été déclarés en lien avec des médicaments utilisés chez des patients infectés par le COVID-19", parmi lequel se trouve la chloroquine, promue par le professeur Didier Raoult.

L'ANSM avec le réseau national des centres de pharmacovigilance (CRPV) ont "mis en place une surveillance continue des effets indésirables liés à l’utilisation des médicaments chez les patients atteints du COVID-19, en particulier lorsqu'ils sont utilisés en dehors des essais cliniques".

79 cas graves dont 4 décès

L'étude permet de mettre en lumière "un centaine de cas d’effets indésirables (...) en lien avec des médicaments utilisés chez des patients infectés par le COVID-19, dont 79 cas graves dont 4 cas de décès".

"La majorité des cas d’effets indésirables déclarés se répartissent par moitié entre lopinavir-ritonavir et hydroxychoroquine", ajoute l'ANSM.

Dans le détail, 53 cas d’effets indésirables cardiaques ont été recensés, dont 43 cas avec l’hydroxychloroquine, seule ou en association. Parmi eux se trouvent:

"7 cas de mort subites, dont 3 récupérées"  "des troubles du rythme ou trouble cardiaque avec ou sans conséquence clinique" "des troubles de la conduction".

Pour "une grande partie" d'entre eux, l'enquête a pu conclure à un lien "plausible" entre l'effet observé et le médicament pris par le patient.

Le rapport bénéfice-risque "acceptable à l'hôpital" 

"Ces informations (...) constituent un signal important" et renforcent la nécessité de limiter l'usage de ces médicaments "à l'hôpital, sous étroite surveillance médicale", insiste l'ANSM, alors que plusieurs voix dans le monde médical et politique réclament la possibilité de pouvoir prescrire l'hydroxychloroquie de façon plus large.

En attendant les résultats des essais en cours sur l'efficacité de ce médicament, "le rapport bénéfice-risque nous paraît acceptable à l'hôpital dans le contexte" de l'absence de traitement reconnu, en revanche il n'est "pas acceptable en ville", où un patient ne pourra pas être secouru immédiatement en cas d'accident cardiaque à son domicile, résume à l'AFP Dominique Martin, directeur général de l'ANSM.

E.P avec AFP