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Un virus affaibli par une mutation? "Trop tôt" pour le dire selon ce médecin réanimateur

Bertrand Guidet, chef du service de médecine intensive et de réanimation de l'hôpital Saint-Antoine, est intervenu sur notre antenne ce vendredi après-midi. Il a jugé qu'il était prématuré de spéculer sur une altération du cornavirus.

Une diffusion du virus qui accélère, avec près de 5000 cas détectés lors des dernières 24 heures, en progression de 40% en une semaine, sans pour autant que le nombre des formes sévères ne s'aggrave, un paradoxe apparent qui amène la communauté scientifique à s'interroger. Extrêmement contagieux, le virus a-t-il cependant muté, s'affaiblissant du même coup? Sur notre antenne, ce vendredi après-midi, le professeur Bertrand Guidet, chef du service de médecine intensive et de réanimation à l’hôpital Saint-Antoine, a invité à davantage de retenue, reprenant les éléments qui font la volatilité d'une maladie.

Plusieurs facteurs

"Plusieurs facteurs peuvent expliquer la virulence d’un virus : le virus en lui-même, les conditions de sa diffusion, la charge de virus, la population atteinte", a-t-il dit. Or, plusieurs données le poussent à la nuance:

Ce qu’on sait c’est que cet été, le nombre de personnes contaminées concerne surtout des jeunes et on sait que les jeunes ont des formes moins graves, donc ce n’est pas lié au virus mais à la population atteinte. Le deuxième élément, c’est qu’on sait qu’il y a décalage entre le nombre de personnes nouvellement contaminées et les formes sévères qui nécessitent une hospitalisation voire une admission en réanimation." "Donc je pense qu’il est trop tôt pour dire qu’on a affaire à un nouveau variant du virus et qu’il est moins méchant que celui qu’on avait en mars-avril", a achevé le professeur Bertrand Guidet.

Celui-ci a ouvert une dernière piste: "Et puis il y a peut-être, enfin, un effet de la saison, c’est-à-dire que quand il fait beau c’est sûrement pas la même chose que quand il fait froid et qu’on est dans des espaces clos."

"Très inquiet pour l'automne et l'hiver"

Praticien au sein d'un établissement parisien, il a rappelé: "On est à 190 malades en réanimation en Ile-de-France, on est à +3% par rapport à hier donc on ne peut pas dire qu’on est plutôt en face d’un virus plus gentil." Sur l'ensemble de l'Hexagone, on recense actuellement 380 patients en réanimation. Enfin, le médecin de l'hôpital Saint-Antoine a dressé sa perspective des semaines à venir: "Je ne suis pas très inquiet pour la fin du mois d’août et septembre mais je suis beaucoup, beaucoup plus inquiet pour l’automne et l’hiver prochain."

Robin Verner
Robin Verner Journaliste BFMTV