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Un dentiste sur trois refuse de soigner les patients séropositifs

Aides, qui lutte contre le sida, a réalisé un testing inédit en avril dernier auprès de médecins en voulant prendre rendez-vous par téléphone. 

Popularisés dans les années 90 par SOS Racisme, qui "testait" les boîtes de nuit pour mettre en lumière des discriminations, les testings refont surface. Le Parisien révèle jeudi les résultats d'une enquête menée par téléphone par l'association Aides, qui lutte contre le VIH. Ses membres ont contacté quelque 440 dentistes et 116 gynécologues pour prendre rendez-vous pour un détartrage ou un frottis, en précisant qu'ils étaient séropositifs.

Résultat, 3,6% des dentistes ont refusé tout de go le patient, et 30% (soit 132 dentistes) ont tenté de trouver des excuses pour ne pas le recevoir, explique Le Parisien: horaires contraignants, dépassements d'honoraires, matériel inadapté au détartrage... Les gynécologues, eux, se sont montrés moins discriminants, d'après l'association. Sur les 116 praticiens appelés, seuls 2 ont refusé à cause du VIH, et 5 ont masqué leurs refus par des excuses.

Un risque de contamination extrêmement faible

Lors de leurs appels, les faux patients présentaient un nom français et ne parlaient pas de Couverture maladie universelle (CMU), pour être certain que le seul critère éventuellement discriminant soit la séropositivité du patient. "Nous avons choisi de cibler ces spécialistes, car les remontées de discriminations et de petites humiliations venaient de là", précise dans les colonnes du journal le président de l'association, Bruno Spires.

Dans le code de la santé publique, le texte est pourtant très clair: "Aucune personne ne peut faire l’objet de discrimination dans l’accès à la prévention et aux soins", sous peine de sanctions. D'autant que comme le rappelle Aides sur son site, "le risque individuel de contracter le virus du sida (lors de soins dentaires, ndlr) est très faible, selon un rapport de l'InVS": le taux est d'environ 1 sur 420 millions, soit moins d'une contamination par an, et à chaque fois par défaut de stérilisation des instruments. 

A. G.