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Série troublante de cancers dans un laboratoire de l'Insa

Les cas de cancers ont été diagnostiqués au sein du Centre lyonnais de microscopie de l'Insa de Lyon (illustration)

Les cas de cancers ont été diagnostiqués au sein du Centre lyonnais de microscopie de l'Insa de Lyon (illustration) - -

Une dizaine de cas de cancers ont été diagnostiqués en 13 ans au Centre de microscopie de l'Insa de Lyon. Des enquêtes environnementales ont été lancées, les résultats seront connus en septembre. En attendant, les manipulations ont été suspendues.

Plusieurs cas de "cancers graves" ont été diagnostiqués parmi le personnel scientifique de l'Insa à Lyon. Les manipulations dans le Centre lyonnais de microscopie (CLYM) ont été suspendues, indique une note interne du laboratoire.

Dans cette note "à l'ensemble du personnel" de l'Institut national des sciences appliquées (Insa), publiée sur le site grenoblois "Pièces et main d'oeuvre", il est précisé qu'elle "fait suite à une information récente concernant plusieurs cas de cancer grave diagnostiqués sur des collègues ayant fréquenté les installations du microscope électronique du CLYM hébergées dans le laboratoire MATEIS".

Dans un article intitulé "Epidémie de cancers", le site critique parle d'une "dizaine de personnes" qui auraient été touchées "en l'espace de trois à dix ans". Interrogé par l'AFP, le laboratoire MATEIS a affirmé qu'"aujourd'hui, les cas de tumeurs et cancers n'ont pas d'origine professionnelle avérée".

Des "rayonnements ionisants" en question

Le laboratoire précise d'ailleurs que son directeur avait "interpellé la direction de l'Insa Lyon et la délégation régionale CNRS Rhône-Auvergne, le 11 juin dernier, pour faire état de l'apparition de deux nouveaux cas de cancers au sein de son laboratoire", s'ajoutant à "sept cas de cancers ou tumeurs diagnostiqués ces treize dernières années".

Le laboratoire reconnaît que "des questions se sont posées" sur un possible "lien de cause à effet entre ces cas de cancers et la fréquentation des installations de microscopie électronique du CLYM (...) en dépit du fait que certaines personnes n'aient jamais utilisé ces équipements".

Pour lever les doutes sur "des fuites potentielles de rayonnements ionisants", une étude a été menée "par la société Algade, organisme agréé par l'Autorité de Sûreté Nucléaire (ASN), spécialiste de la mesure de radioactivité et de la radioprotection". Obtenus le 9 juillet dernier, "les résultats de ces mesures permettent à la direction de l'Insa Lyon et du CNRS de rassurer leur communauté: les microscopes électroniques hébergés au laboratoire MATEIS n'émettent pas de rayonnements ionisants pouvant les incriminer dans les cas de cancers détectés parmi les personnels", selon ces directions.

Plus de manipulations avant septembre

Parallèlement, "des mesures environnementales et des investigations médicales par des professionnels indépendants sont en cours pour analyser un hypothétique lien de causalité entre les maladies et les éventuels risques professionnels et modalités d'exposition des personnels".

Dans l'attente des résultats des enquêtes environnementales, "attendus début septembre, l'Insa Lyon et le CNRS demandent à leurs agents de ne plus manipuler sur la plateforme au nom du principe de précaution".

"Dès que ces résultats seront connus, une décision de réouverture sera réexaminée", a ajouté le laboratoire MATEIS qui précise que "les données sur l'enquête médicale resteront confidentielles, car couvertes par le secret médical".

Le laboratoire MATEIS (Matériaux ingénierie et science) est une unité mixte de recherche sous tutelle de l'Insa Lyon et du CNRS et quelques personnels sont rattachés à l'Université Claude Bernard Lyon 1. Il emploie 85 permanents et 88 doctorants ou post-doctorants en turnover régulier.

A. D. avec AFP