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Sécurité sociale: réduire la durée des séjours en maternité pour économiser

Parmi les pistes d'économies de la Sécurité sociale: réduire les séjours en maternité

Parmi les pistes d'économies de la Sécurité sociale: réduire les séjours en maternité - Philippe Huguen - AFP

La Sécurité sociale est encore loin d'être à l'équilibre. Parmi les pistes étudiées pour améliorer la situation: la réduction d'une journée des séjours en maternité.

La Sécurité sociale devrait finir l'année 2015 avec un déficit en léger recul... qui devrait tout de même atteindre 12,8 milliards d'euros. Le gouvernement a dévoilé ce jeudi son projet de loi de financement pour 2016, et propose de réduire d'une journée la durée des séjours en maternité. Or, selon l'Assurance maladie, généraliser la réduction de ce type de séjours permettrait d'économiser 78 millions d'euros.

En moyenne, une mère passe 4,2 jours à la maternité après son accouchement. Réduire ce délai à trois voire deux jours est possible. La mesure est d'ailleurs expérimentée dans certaines maternités depuis cinq ans, grâce au programme "Prado".

Une mesure pas applicable à toutes les patientes

Mais certaines conditions sont nécessaires pour prendre cette décision. La mère et l'enfant doivent répondre à une série de critères: grossesse arrivée à terme, pas de complications à l'accouchement ou après, accord de la mère...

Autre sécurité, une sage-femme doit passer au domicile de la mère pour détecter d'éventuelles pathologies, notamment concernant l'alimentation.

Tous les praticiens ne sont toutefois pas convaincus. "Pour les femmes avec des ressources et des soutiens autour d'elles, ça ne posera pas de problème. Mais, pour celles isolées, dans une situation sociale et psychologique compliquée, ce sera plus difficile", estimait récemment Muriel Prudhomme, médecin dans une protection maternelle et infantile, interrogée par le Parisien.

D'après la médecin, une autre difficulté pourrait résider dans le manque de sages-femmes libérales disponibles: "Les mères qui font une dépression postnatale ou qui n'ont toujours pas de montée de lait au quatrième jour doivent avoir accès à une sage-femme très vite pour les aider. Pour l'instant, le système ne le permet pas", selon elle.

Parmi les autres pistes envisagées, la Cour des comptes a récemment proposé de contrôler le "respect rigoureux" des normes de personnel dans les maternités qui comptabilisent moins de 300 accouchements (13 au total) quitte à fermer les maternités "sans délai en cas d'absence de mise en conformité immédiate". Le nombre des maternités a fortement baissé, passant de 815 en 1996 à 544 en 2012, souligne la Cour des comptes.

A. D. avec C. R., M. de F. et A-S W