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Parkinson: une équipe franco-belge fait une découverte fondamentale

Mohamed Ali, légende de la boxe ici "punché" par l'acteur Michael J. Fox en 2002, était atteint de la maladie de Parkinson.

Mohamed Ali, légende de la boxe ici "punché" par l'acteur Michael J. Fox en 2002, était atteint de la maladie de Parkinson. - STEPHEN JAFFE / AFP

Un progrès majeur dans la compréhension de l'anomalie à l'origine de cette maladie neurodégénérative a été réalisé par une équipe de chercheurs franco-belge. Ils ont identifié de manière précise la façon dont une protéine s'agrège de manière anormale pour former des amas destructeurs pour le cerveau.

Comment se propage la maladie de Parkinson dans le cerveau? Si les spécialistes de la question en avaient une idée, les résultats d'une étude publiée mercredi par une équipe franco-belge dans la prestigieuse revue scientifique Nature leur apportent les précisons qui leur manquaient.

Fruit de quinze ans de recherches, cette avancée majeure dans la compréhension du phénomène neurodégénératif ose même la métaphore culinaire. La formation dans le cerveau de structures fibrillaires semblables par leur forme à "des pâtes larges, comme des linguines" ou des structures plus fines comme "des spaghettis", est à l'origine de la destruction irréparable des neurones des personnes atteintes.

La surabondance d'une protéine à l'origine de la maladie

Mais de quoi sont constituées ces structures qui détruisent les zones au sein desquelles elles se propagent? Une protéine, l'alpha-synucléide est en cause. Présentes naturellement dans notre cerveau, ces protéines favorisent le fonctionnement des synapses. Mais en trop grande quantité, elles se regroupent en amas anormaux qui détruisent les neurones et laissent place au désastre que l'on connaît.

Les chercheurs ont identifié cinq structures que prennent ces macromolécules quand elles s'agrègent. Deux d'entre elles se sont révélées particulièrement néfastes pour le cerveau. L'une, en forme de "linguine", provoque la maladie de Parkinson, tandis que la deuxième, semblable à des "spaghettis", entraîne une "atrophie multisystématisée". En injectant à des rats ces deux types d'agrégats, les chercheurs ont confirmé que les rongeurs développaient bien ensuite ces maladies.

Un "test sanguin d'ici 5 à 10 ans"

En plus de raviver l'espoir d'un traitement, ces découvertes vont favoriser un diagnostic beaucoup plus sûr de ces maladies. Ronald Melki, directeur de recherche à l'Institut des neurosciences Paris-Saclay a fait part de son optimisme au HuffPost: "Il est très difficile de diagnostiquer ces deux maladies. Les symptômes sont complexes et nombreux. Aujourd'hui, ce n'est qu'après la mort, en étudiant les tissus nerveux que l'on peut diagnostiquer à coup sûr Parkinson. Grâce à cette découverte, on peut imaginer que d'ici 5 à 10 ans, un test sanguin pour dépister cette maladie dès l'âge de 45 ans sera mis au point". Une maladie très répandue puisque 1% des Français de plus de 65 ans en souffre.