BFMTV

Paquet neutre: pourquoi la composition des cigarettes et du tabac à rouler est introuvable

A partir du 1er janvier 2017, les paquets neutres seront les seuls paquets vendus dans les bureaux de tabac.

A partir du 1er janvier 2017, les paquets neutres seront les seuls paquets vendus dans les bureaux de tabac. - iStock - FabrikaCr

Alors que le paquet neutre s'impose peu à peu chez les buralistes, plusieurs consommateurs ont confié leur étonnement en découvrant que ces nouveaux emballages n'indiquent plus aucune information comme la teneur en nicotine. L'association 60 Millions de consommateurs en explique les raisons.

Depuis le 21 novembre, les fabricants de tabac sont dans l'obligation de fournir uniquement des paquets neutres aux buralistes. Et pour cause, ces derniers doivent appliquer le format standard fixé par l’ordonnance du 19 mai 2016: couleur unique, taille de caractères uniformisée et absence de toute allégation quelle que soit la marque.

Les buralistes ont jusqu’au 1er janvier pour écouler la totalité de leurs stocks de paquets classiques, mais certains fumeurs ont déjà commencé à acheter leurs paquets de cigarettes avec ce nouvel emballage, non sans surprise: L'association 60 Millions de consommateurs explique que de nombreux fumeurs lui font part de leur étonnement après avoir découvert ces nouveaux paquets.

La raison? Les étiquettes des cigarettes ou du tabac à rouler n'indiquent plus aucune information sur la teneur en nicotine, en goudron ou en monoxyde de carbone. Aucune indication ne figure non plus sur les éventuels agents de texture et de saveur que les fabricants ajoutent couramment à leurs produits. L'association cite ainsi l'un de ces fumeurs qui "s'étonne de ne plus trouver trace des mentions légales comme la teneur en tabac, papier et additifs".

Eviter que les consommateurs ne comparent

Depuis l'annonce de son application, les particularités du paquet neutre ont souvent été évoquées. Tous les paquets de cigarettes et de tabac à rouler porteront la même couleur quelle que soit la marque, les avertissements sanitaires seront plus "chocs" et élargis à 65% de la surface du paquet contre 30% à 40% auparavant, et l'inscription de la marque sera uniformisée (même typographie et même couleur).

Mais quid de la composition? Ce changement était lui aussi à l'ordre du jour. "C’est bien ce que prévoit la nouvelle réglementation, qui transpose la directive européenne 2014/40/UE sur les produits du tabac", répond 60 Millions de consommateurs. L'association concède que cette disposition peut paraître surprenante "à l'heure où l'on réclame toujours plus d’informations et de transparence sur ce que l’on consomme".

Interrogé sur le sujet, le ministère de la Santé répond que "cette interdiction a vocation à ne pas désinformer les consommateurs sur les dangers du tabagisme. La directive considère en effet qu’il convient d’éviter que les consommateurs comparent les cigarettes entre elles pour adopter celles qu’ils croient être les moins nocives, oubliant que nombre de risques liés au tabagisme sont identiques peu importe la composition des produits du tabac."

Plus aucune information officielle?

Or, certains fumeurs avaient pour habitude de comparer les paquets pour choisir les cigarettes contenant le moins d'additifs possibles. D'autant que "le rôle de certains d’entre eux dans l’accroissement de l’accoutumance et dans l’émission de nouvelles substances dangereuses ont été démontrés", ajoute 60 Millions de consommateurs.

Les fumeurs les plus désireux de comparer ces produits peuvent toujours consulter la base de données du Laboratoire national d’essais (LNE), où les fabricants donnent la liste des ingrédients qu’ils utilisent dans chacun de leurs produits, comme ils sont tenus de le faire par l'Etat. Mais là encore, ils n'obtiendront pas forcément satisfaction puisque "le fichier n’est plus à jour depuis 2013", fait savoir 60 Millions de consommateurs.

Le ministère de la Santé indique qu’"à partir de 2017, ces informations figureront sur le site de l'Anses*". Dernière solution, se tourner vers les fabricants de tabac eux-mêmes, car certains fournissent ces données, comme Philip Morris, British American Tobacco et Japan Tobacco International. Mais cette option n'est pas plus fiable car "ces informations sont beaucoup moins détaillées que sur le site du LNE… et ne sont accessibles qu’en anglais", conclut 60 Millions de consommateurs.

*Agence nationale de sécurité sanitaire de l'alimentation, de l'environnement et du travail 

Alexandra Bresson