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Numéros d'urgence: selon le président de Samu-Urgences, "1 appel sur 2 ou 3 n'a pas pu aboutir" selon les zones

Au lendemain de la panne massive des numéros d'urgence, François Braun, le président de Samu-Urgences de France, est revenu sur les conséquences pour le signalement et la prise en charge des patients.

Une panne, de nature technique et d'échelle nationale, a handicapé le réseau Orange mercredi soir. L'opérateur a indiqué jeudi matin que ses services étaient rétablis depuis minuit bien que restant "sous surveillance". Reste que la perturbation avait auparavant profondément réduit ou gêné pendant plusieurs heures la disponibilité des numéros d'urgence, comme le 17 renvoyant à la police, le 18 alertant les pompiers, le 112, soit le numéro d'urgence européen, et le 15 du Samu.

"Un appel toutes les secondes"

Le docteur François Braun, médecin urgentiste et président de Samu-Urgences de France, était justement sur BFMTV ce jeudi matin pour dresser une première évaluation - un tableau plus complet de la situation est toujours en cours d'élaboration - des conséquences de la panne sur les prises en charge de patients.

"On a l’impression qu’un appel sur trois, un appel sur deux en fonction des endroits, n’a pas pu aboutir. Les gens rappelaient et au bout de trois fois, ils arrivaient à nous joindre donc c’est très compliqué à évaluer", a-t-il confié.

Orange a donc assuré avoir corrigé le problème sur les coups de minuit. "Apparemment, on a un retour à la normale depuis une heure du matin. Mais la nuit, on a moins d’appels donc nous attendons la reprise des pics d’appels de milieu de matinée pour être vraiment rassuré", a commenté François Braun.

"Le Samu, c’est un peu plus de 30 millions d’appels par an, au niveau national. C’est un appel toutes les secondes", avait-il indiqué dans un premier temps. L'idée que des urgences vitales aient pu ne pas être traitées dans les temps ou convenablement à cause de cette panne est dans toutes les têtes urgentistes ce jeudi matin.

"C’est notre inquiétude principale bien entendu. On n’a pas encore de remontée en ce sens, ou pas de remontée importante – On a un petit doute sur une région en Bretagne mais restons prudents. C’est notre crainte parce qu'aucun des numéros d’urgence ne fonctionnait correctement", a admis François Braun.

Les numéros de substitutions toujours à disposition

D'après les données collectées dans la nuit de mercredi à jeudi et dans la matinée, trois régions semblent avoir été particulièrement mal loties car particulièrement touchées par des troubles téléphoniques. "Les Hauts-de-France, l’Île-de-France, le Grand Est", a listé le président de Samu-Urgences de France.

"Tant qu’il n’y a pas de diagnostic précis, il y a toujours une crainte de rechute. C’est pour ça que nous laissons à disposition les numéros à dix chiffres, les numéros portables mis à disposition dans tous les départements", a-t-il achevé.

Ces numéros sont compilés ici par le ministère des Solidarités et de la Santé. Gérald Darmanin doit présider dans la matinée une réunion de crise depuis son ministère de l'Intérieur pour clarifier les raisons de cette faillite et organiser la réponse de l'Etat.

Robin Verner
Robin Verner Journaliste BFMTV