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Les nouvelles conclusions d'un audit confirment en partie les accusations visant Orpea

Orpéa (illustration)

Orpéa (illustration) - LOIC VENANCE © 2019 AFP

Un rapport publié ce mercredi "fait état de manquements et d'insuffisances dans le traitement des événements indésirables, le système d'incitations managériales et la gestion des ressources humaines"

Le groupe Orpea, objet de nombreuses accusations depuis la sortie d'une enquête en début d'année, a publié ce mercredi la suite des conclusions d'un audit confirmant en partie les affirmations qui l'ont visé, par exemple sur la quantité de nourriture allouée aux résidents.

"Nous confirmons les quantités de viande servies le soir mentionnées dans le livre", affirme cet audit, commandé par Orpea en février et réalisé par les cabinets Grant Thornton et Alvarez & Marsal, en référence à l'ouvrage Les Fossoyeurs du journaliste Victor Castanet.

Ce livre, qui a provoqué un vaste scandale et a plongé dans la crise Orpea ainsi qu'une partie du secteur des maisons de retraite, accuse le groupe de très nombreux manquements s'apparentant à de la maltraitance envers les résidents de ses établissements pour personnes âgées dépendantes (Ehpad).

Des "dysfonctionnements"

Le groupe, contraint par ce scandale à changer de direction, a demandé à des cabinets externes de réaliser des audits indépendants pour évaluer la réalité de ces allégations.

Un premier volet, centré sur l'usage des fonds publics, avait été rendu public début juin, évoquant des "dysfonctionnements". Ce nouveau et dernier volet concerne, lui, la question des ressources humaines et celle, centrale, de la prise en charge des résidents.

Il confirme plusieurs affirmations factuelles des Fossoyeurs, dont celle sur les quantités de viande servies chaque soir - 50 grammes de steak - et celle sur le nombre de couches achetées chaque jour par résident - moins de trois. Toutefois, le rapport ne va pas jusqu'à entériner l'existence d'un rationnement organisé au détriment des résidents.

Sur la question de la nourriture, il ne se juge pas en mesure d'évaluer les apports nutritionnels des repas. Sur celle des couches, il estime inadéquat de se fixer sur la quantité moyenne prévue par résident, en raison de la situation variable de chacun en matière d'incontinence.

Sur le plan des ressources humaines, le rapport confirme l'existence d'un manque chronique d'effectifs et, même s'il reconnaît que celui-ci est la règle dans le secteur des Ehpad, juge qu'Orpea n'y a pas répondu par une politique salariale suffisamment incitative.

Ce rapport "permet d'écarter l'allégation de système de maltraitance généralisée", a commenté dans un communiqué Philippe Charrier, le patron du groupe, promu directeur général en début d'année à la suite du scandale.

A.G avec AFP