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Le vaccin en débat : qu'en pensez-vous ?

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La campagne de vaccination contre la grippe A s'intensifie. Le débat, avec. Et les inquiétudes persistent. Des spécialistes donnent leurs points de vue. Donnez-nous aussi le votre.

Lancée le 12 novembre dernier, et pour 4 mois, la campagne de vaccination contre la grippe A à destination de l'ensemble des Français monte en puissance. Mais le débat ne faiblit pas et les inquiétudes sont toujours là. Des spécialistes donnent leurs points de vue. Donnez-nous aussi votre avis dans le forum ci-dessous.

« Plus on va vacciner, plus on aura des effets secondaires »

« Pas sûre de l'efficacité du vaccin », Michèle Rivasi, députée européenne Europe Ecologie et professeur agrégée en biologie de l'Ecole normale supérieure, élève la voix contre le plan de vaccination : « Il faudrait dédramatiser ce qui se passe. Madame Bachelot a dit : il faudrait vacciner 60 millions de personnes. C'est fou de faire ça. Parce que plus on va vacciner, plus on aura des effets secondaires. La population française représente 1% de la population mondiale. Et nous, on a commandé 94 millions de doses, soit plus de 10% de l'ensemble des vaccins dans le monde. Mettre 1,5 milliards d'euros pour une grippe, certes contagieuse, mais bénigne, c'est disproportionné, par rapport par exemple au plan cancer. [...] Arrêtons d'alarmer les gens. Les gens en bonne santé ne sont pas obligés de se faire vacciner. Les gens "critiques", qui ont des problèmes respiratoires, qu'ils se fassent vacciner. Et qu'on vaccine ceux qui entourent des jeunes enfants. »

« Ça va coûter cher à la France et à la Sécu »

Appelant également à plus de mesure, le professeur Marc Gentilini, spécialiste des maladies infectieuses et tropicales, membre de l'Académie de médecine et ancien président de la Croix-Rouge, explique : « La mortalité induite par cette affection est très notoirement inférieure à la mortalité d'un certain nombre d'autres maladies infectieuses, qui ne bénéficient en aucun cas des mêmes investissements. Et ça, ça me paraît indécent. [...] Je ne vois aucune urgence à vacciner massivement, d'autant que cette campagne risque de déstabiliser le système de santé français pendant plusieurs mois. Les descriptions dramatiques qui nous ont été faites au sujet de cette grippe depuis avril ne sont pas d'actualité. En 2005, on nous avait décrit le même scénario catastrophe au sujet de la grippe aviaire, pour rien. Ces fausses alertes coûtent trop cher à la France et à la Sécurité sociale. »

« Il y a plus de bénéfices à se faire vacciner »

Persuadé que les Français peuvent avoir toute confiance en ce vaccin, le professeur Jean-François Delfraissy, Directeur de l'Institut de microbiologie et des maladies infectieuses, qui coordonne notamment des programmes de recherche sur la grippe H1N1, rappelle l'enjeu de la situation : « cette grippe A H1N1 est globalement bénigne. Et puis, il y a des formes graves, qui sont entre 1 sur 1000 et 1 sur 5000. La grossesse et la grande obésité étant les 2 facteurs de risques identifiés. [...] On a un vaccin. On a tous les éléments pour penser qu'il n'est pas différent des autres. Donc on est dans une opération de bénéfice-risque. Il y a plus de bénéfices à se faire vacciner. » Et selon Jean-François Delfraissy, si les Français sont méfiants, c'est parce que « les messages passés n'étaient peut-être pas les bons ». Mais, confiant, il assure : « Au fur et à mesure que les cas vont survenir, dont certains graves malheureusement, on va assister à une prise de conscience. »

La rédaction-Bourdin & Co