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La consommation de médicaments génériques en baisse

La consommation de médicaments génériques en baisse en France depuis 2 ans.

La consommation de médicaments génériques en baisse en France depuis 2 ans. - -

La Sécurité sociale s'est penchée sur la consommation des génériques et verdict de son étude : elle est en légère baisse en France. Le taux de substitution est actuellement de 72% alors qu'il était de 79% il y a 2 ans.

Manifestement, les Français se posent toujours un peu cette question : les médicaments génériques sont-ils aussi efficaces que les médicaments classiques ? La réponse n’est pas claire pour tous. La baisse de la consommation de ces génériques en témoigne. Le taux de substitution d'un générique à un médicament original est actuellement de 72% alors qu'il était de 79% il y a 2 ans. Pour la Caisse nationale d'assurance maladie (Cnam), l'enjeu est capital, car elle a économisé 1,4 milliard d'euros grâce aux génériques en 2011. Elle espère inverser la tendance et arriver à 85% de substitution fin 2012.

Ces médicaments « non substituables »

Selon les industriels, le recul des ventes s'explique pour partie par le développement de l'usage par les médecins de la mention "non substituable" sur les ordonnances, qui empêche le pharmacien de fournir le générique à la place du médicament original. Selon l'étude de la Cnam, sur 12 000 ordonnances étudiées, seules 4,2% portent cette mention. L'Assurance Maladie soupçonne certains médecins de la mettre systématiquement sous la pression des laboratoires pharmaceutiques. Une idée que ne partage pas le docteur Handschuh qui explique que pour certains patients, il ne prescrit pas de génériques : « Très exceptionnellement, je peux prescrire des médicaments "non substituables" pour des patients âgés qui pourraient se tromper avec le générique qui peut avoir une autre boîte ».

« Aucune justification scientifique »

Gilles Bonnefond est le président de l'Union des syndicats de pharmaciens d'officine. Pour lui, les mentions « NS » sur les ordonnances, même si elles ne sont pas trop fréquentes, posent un vrai problème : « On a vu apparaître depuis 2 ans des tampons "Non Substituable" avec des encres rouges. On retrouve ces tampons partout en France. Les relations entre certains médecins et l’industrie pharmaceutique n’ont échappé à personne, donc c’est extrêmement choquant parce qu’il n’y a aucune justification scientifique. Toute cette rumeur et ces propagandes autour de la qualité des génériques sèment le doute. Il faut lutter contre ça et rétablir la vérité. Le médicament générique permet de faire des économies. Il est contrôlé, il est sécurisé. Il faut que les patients demandent des génériques parce que ça permettra de maintenir l’équilibre de notre système de santé ».

« Un moyen simple pour développer les génériques »

Médecins et pharmaciens se renvoient la balle et estiment que c'est à l'autre de faire des efforts pour imposer le générique. Pour le docteur Handschuh, si la Sécurité sociale voulait vraiment que le générique soit préféré dans 99% des cas il y aurait un moyen très simple : « Le jour où l’Assurance maladie souhaitera vraiment bouger les choses, on remboursera tous les médicaments sur le prix du générique, et le malade se débrouillera s’il veut payer le supplément ».

La Rédaction avec V.Voldoire et S.Collié